Viamenta

LYCOS
hébergement
de sites

Accueil

Voyance live
Boutique ésotérique
 
Textes
ésotériques
Divination
et Astrologie
Tarot
Talismans
et Pentacles
Dictionnaire
occulte
Commande
Affiliation
Partenaires
Recherche
assistée
Courriel
Plan du site

DICTIONNAIRE DES SCIENCES OCCULTES

ARTHUR — ARTUS

 Roi des Bretons, célèbre dans les romans de la Table Ronde, et dont la vie est entourée de fables. On prétend qu'il revient la nuit, dans les forêts de la Bretagne, chasser à grand bruit, avec des chiens, des chevaux et des piqueurs, qui ne sont que des démons ou des spectres, au sentiment de Pierre Delancre. Quand le grand-veneur apparut à Henri IV, dans la forêt de Fontainebleau, quelques-uns dirent que c'était la chasse du roi Arthur.
La tradition conserve aux environs de Huelgoat, dans le Finistère, le souvenir curieux de l'énorme château d'Arthur. On montre des rochers de granit entassés, comme étant les débris de ses vastes murailles. Il s'y trouve, dit-on, des trésors gardés par des démons qui souvent traversent les airs, sous la forme de feux follets en poussant des hurlements répétés par les échos du voisinage. L'orfraie, la buse et le corbeau sont les hôtes sinistres qui fréquentent ces ruines merveilleuses, où de temps en temps apparaît l'âme d'Arthur avec sa cour enchantée.
Nous emprunterons à Legrand d'Aussy — tome 1er de ses Fabliaux — quelques notes intéressantes sur le roi Arthur.
Ce héros, fameux dans nos vieux romans, qui le font régner dans la Grande-Bretagne, fit beaucoup de conquêtes et porta au plus haut degré de gloire l'ordre des Chevaliers de la Table Ronde, institués par son père, et nommés ainsi d'une table mystérieuse que leur avait donnée l'enchanteur Merlin. Arthur possédait une épée magique nommée Excalibur à laquelle nulle arme ne pouvait résister. Pour enseigne il avait un dragon d'acier qui vomissait des flammes, etc. Malgré tous ces avantages merveilleux, il fut tué dans une bataille avec un grand nombre de chevaliers. On peut voir dans La Colombière, le nom et les armoiries de ces braves, la merveille du monde.
On a remarqué que le personnage d'Arthur est le fruit d'une jalousie nationale. Ce héros prétendu de la romancerie anglaise, imaginé pour suppléer Charlemagne, le héros de la nôtre, n'en est qu'une copie maladroite. Guerres, conquêtes, beaux faits d'armes, caractères, actions, tout est calqué. Si les romanciers français donnent à Charles des paladins, les romanciers bretons en font des chevaliers de la Table Ronde. La Durandal, cette épée fameuse que les premiers prêtent à leur héros, chez les seconds c'est l' Excalibur. Il n'est pas jusqu'aux personnages secondaires, qui ne soient une imitation. Chez nos poètes, le plus célèbre d'entre les paladins est Roland, le neveu de Charlemagne ; chez nos rivaux, c'est Gauvain, le neveu d'Arthur. Enfin ce qui, plus que tout le reste encore, trahit ceux-ci, c'est qu'au couronnement de leur Arthur, ils font assister les douze pairs de Charlemagne — nos romanciers appellent ainsi les douze chevaliers les plus braves du monarque français.
On peut au reste alléguer ici, en faveur de notre antériorité, un témoignage irrécusable : celui d'un auteur anglais, Warton, qui a écrit sur l'origine des romans en Europe. Voici ce qu'il raconte au sujet de sa patrie.
Au commencement du douzième siècle, un certain Gualter, ou Gautier, archidiacre d'Oxford, ayant eu occasion de faire un voyage dans notre Bretagne, y eut connaissance d'une vieille chronique, intitulée : Brut-y-Brenhined — Histoire des rois bretons. Aucun livre ne devait flatter davantage un anglais : aussi Gautier fit-il copier celui-ci et il l'emporta en Angleterre, dans le dessein de le publier. À la vérité, l'ouvrage était écrit en bas-breton ; mais Gautier savait que, parmi ses compatriotes, les habitants de la province de Galles entendaient cette langue et il s'adressa, pour faire traduire sa chronique, à un moine gallois, nommé Geoffroi de Monmouth. Geoffroi la traduisit en effet et, quoiqu'on ignore quand elle fut publiée, néanmoins ce fut postérieurement à l'année 1138 ; mais le translateur, pour embellir son sujet, se permit d'y faire des additions et d'y insérer certaines traditions populaires, tirées, soit de la province de Galles, sa patrie, soit de la Bretagne où il les avait apprises. Au nombre de ces choses intercalées, étaient les prétendues prophéties de Merlin, enchanteur à qui Geoffroi faisait jouer un grand rôle ; enfin, il s'étendait beaucoup sur le couronnement d'Arthur ; et il y faisait assister les douze pairs de Charlemagne. History of english poetry.
Tel est, en abrégé, le récit de Warton. D'après cet exposé, il est aisé de concevoir quel parti purent tirer de Merlin et d'Arthur les romanciers qu'enfanta dans l'Angleterre la chronique de Geoffroi. Quant à cette chronique, je crains que Warton ne se soit trompé, et que son Brut-y-Brenhined ne soit notre Roman du Brut, ouvrage composé en effet dans le douzième siècle, mais composé en Normandie, et qui contient une prétendue histoire des rois d'Angleterre, dont le premier, selon l'auteur, fut un certain Brutus. Au reste, que le Brut-y-Brenhined soit dû à la Bretagne ou à la Normandie, il n'en est pas moins une production de nos provinces septentrionales ; et, à ce titre, elles peuvent revendiquer tous ceux des romans de chevalerie anglais qu'il a produits.
Donnons aussi, comme échantillon, un des mille romans de chevalerie à enchantements, qui ont célébré le roi Arthur. Nous choisissons le plus court que l'écrivain, à qui nous avons emprunté les notes précédentes, à mis au commencement de son choix d'anciens fabliaux.


La mule sans frein

Arthur, aux fêtes de la Pentecôte, tenait cour plénière dans sa cité de Carduel ; et tout ce que ses états renfermaient de hauts barons et de chevaliers, s'y était rendu. Le second jour, au moment qu'on se levait de table, on aperçut au loin, dans la prairie, une femme qui paraissait venir vers le château et qui était montée sur une mule sans licol et sans frein. Cet objet piqua la curiosité. Le roi, la reine, tout le monde accourut aux fenêtres ; et chacun, cherchant à deviner, faisait sa conjecture. Quand la dame fut plus à portée, tous les chevaliers volèrent au-devant d'elle : on l'aida à descendre. Son visage était mouillé de pleurs et annonçait un grand chagrin.
Introduite devant le prince, elle le salua respectueusement, et s'étant essuyé les yeux, lui demanda pardon de venir l'importuner de ses douleurs ; mais on lui avait pris, disait-elle, le frein de sa mule. Depuis ce jour elle pleurait et se voyait condamnée aux larmes, jusqu'à ce qu'il lui fût rapporté. Il n'y avait que le plus brave des chevaliers qui pût le conquérir et le lui rendre ; et où chercher ce héros ailleurs qu'à la cour d'un si grand roi ? Elle pria donc Arthur de permettre que quelques-uns des braves qui l'écoutaient voulussent bien s'intéresser à son malheur. Elle assurait le chevalier qui consentirait à devenir son champion, qu'il serait conduit sûrement au lieu du combat par sa mule.
Tous allaient s'offrir et briguer l'honneur du choix ; mais le sénéchal messire Queux saisit le premier la parole et il fallut bien accepter son appui. Il jura donc de rapporter le frein, fût-il à l'extrémité du monde : il prit des armes et partit, se laissant conduire par la mule, comme on le lui avait recommandé.
À peine fut-il entré dans la forêt, que des troupeaux affamés de lions, de tigres et de léopards, accoururent avec des rugissements affreux pour le dévorer. Le pauvre Queux se repentit bien alors de son indiscrète fanfaronnade ; et, dans ce moment, il eût pour jamais renoncé de grand cœur à tout l'honneur de son entreprise. Mais, dès que ces animaux terribles reconnurent la mule, ils se prosternèrent devant elle pour lui lécher les pieds et retournèrent sur leurs pas.
Au sortir de la forêt se présenta une vallée si obscure, si profonde et si noire, que l'homme le plus brave n'eût osé y entrer sans frémir. Ce fut bien pis encore, quand le sénéchal y eût pénétré, et qu'entouré de serpents, de scorpions et de dragons vomissant des flammes, il ne marcha plus qu'à la lueur funèbre de ces feux menaçants. Autour de lui tous les vents déchaînés mugissaient à la fois, des torrents grondaient comme le tonnerre ; des montagnes s'écroulaient avec un fracas horrible. Aussi, quoique l'air y fût plus froid et plus glaçant que celui de mille hivers ensemble, la sueur ruisselait sur tout son corps. Il sortit pourtant, à la faveur de sa monture.
Après avoir encore marché quelque temps, il arriva enfin à une rivière large et profonde dont les eaux noires n'offraient ni pont ni bateau, mais seulement une barre de fer en forme de planche. Queux, ne voyant point là de passage, renonça à l'aventure et revint sur ses pas. Malheureusement, il fallait repasser par la vallée et la forêt. Les serpents et les lions s'élançaient sur lui avec une espèce de joie et il en eût été dévoré mille fois, s'ils l'eussent pu faire sans toucher à la mule.
Du plus loin qu'on l'aperçut du château, on s'apprêta à rire. Les chevaliers s'assemblèrent, comme pour le recevoir avec honneur ; Arthur lui-même vint au devant de lui ; hommes et femmes, enfin, chacun le plaisanta et le malheureux sénéchal, ne sachant plus à qui répondre, et n'osant lever les yeux, disparut et alla se cacher.
La dame était plus affligée que lui encore. Déchue de son espoir, elle pleurait amèrement et s'arrachait les cheveux. Le brave Gauvain fut touché de ses douleurs. Il s'approcha, lui offrit avec assurance son épée, promit de tarir ses larmes, et partit a son tour sur la mule.
Les mêmes dangers se représentèrent : il n'en fit que rire. Les serpents et les lions vinrent fondre sur lui : il tira son épée et allait les combattre. Il n'en eut pas besoin ; les monstres, s'inclinant de nouveau à l'aspect de l'animal, se retirèrent tranquillement. Enfin il arrive à la rivière, voit la barre, se recommande à Dieu et s'élance sur ce pont périlleux. Il était si étroit, qu'à peine la mule pouvait-elle y poser les pieds à moitié. Tout autour du héros les vagues écumantes s'élevaient en grondant, s'élançaient sur lui pour le renverser et l'engloutir : mais il fut inébranlable et aborda heureusement au rivage.
Là se présenta un château fortifié, garni en dehors d'un rang de quatre cents pieux, en forme de palissades, dont chacun portait sur sa pointe une tête sanglante, à l'exception d'un seul qui, nu encore, semblait attendre cet ornement terrible. La forteresse, entourée de fossés profonds, remplis par un torrent impétueux, tournait sur elle-même comme une meule sur son pivot, ou comme le sabot qu'un enfant fait pirouetter sous sa courroie. Elle n'avait d'ailleurs aucun pont et paraissait interdire à Gauvain tout moyen d'exercer sa valeur. Il résolut d'attendre néanmoins, espérant que la forteresse peut-être, dans une de ses révolutions, lui offrirait quelque sorte d'entrée, et déterminé en tout cas à périr sur le lieu, s'il le fallait, plutôt que de retourner honteusement. Une porte s'ouvrit en effet : il piqua sa mule, lui fit sauter ce large fossé, et se trouva dans le château.
Tout semblait y annoncer une dépopulation récente : des rues vides, personne aux fenêtres, partout le silence affreux de la solitude. Un nain paraît enfin et le regarde avec attention. Gauvain lui demande quel est son seigneur ou sa dame, où l'on peut les trouver, et ce qu'ils exigent. Le nain ne répond rien et se retire. Le chevalier poursuit sa route et voit sortir d'une caverne un géant d'une laideur affreuse, les cheveux hérissés, et armé d'une hache. Celui-ci applaudit à son courage ; mais il le plaint d'être venu tenter une aventure dont l'issue ne peut que lui être funeste et que la palissade terrible eût dû l'avertir d'éviter. Il lui offre ses services cependant, le fait manger, le traite bien, le mène à la chambre où il doit coucher ; mais, avant de sortir, il ordonne au héros de lui abattre la tête, en annonçant qu'il viendra le lendemain à son tour lui en faire autant. Gauvain prend son cimeterre et fait rouler la tête à ses pieds. Mais quel est son étonnement de voir celui à qui elle appartient la relever, la replacer sur ses épaules et sortir. Il se couche néanmoins et dort tranquillement, peu effrayé du sort qui l'attend le lendemain. Au point du jour le géant arrive avec sa hache pour effectuer sa promesse ; il éveille le chevalier ; et selon leurs conditions de la veille, lui ordonne de présenter sa tête. Gauvain tend le cou sans balancer : ce n'était qu'une épreuve pour tenter son courage : on le loue, on l'embrasse. Il demande alors où il pourra aller chercher le frein et ce qu'il lui faut faire pour l'avoir.
« Tu le sauras avant la fin du jour, lui dit-on ; mais prépare toute ta valeur : jamais tu n'en eus plus besoin. »
À midi, il se rend au lieu du combat, et voit un lion énorme qui, en écumant, rongeait sa chaîne, et de ses griffes creusait la terre avec fureur. À la vue du héros, le monstre rugissant hérisse sa crinière ; sa chaîne tombe et il s'élance sur Gauvain, dont il déchire le haubert. Après un long combat cependant il est tué. Un autre est détaché, plus grand et plus furieux encore : il périt de même. Gauvain, ne voyant plus d'ennemis paraître, demande le frein. Le géant, sans répondre, le reconduit à sa chambre. Il lui fait servir à manger pour rétablir ses forces, et lui présente ensuite un autre ennemi.
C'était un chevalier redoutable, celui-là même qui avait planté les pieux de l'enceinte, et qui de sa main y avait attaché les têtes des quatre cents chevaliers vaincus. On leur amène à chacun un cheval ; on leur donne une forte lance ; ils s'éloignent pour prendre carrière et fondent l'un sur l'autre. Du premier choc leurs lances volent en éclats, et les sangles de leurs chevaux se rompent. Ils se relèvent aussitôt pour commencer à pied un combat nouveau. Leurs armes retentissent sous leur épée redoutable, leur écu étincelle, et pendant deux heures entières la victoire reste incertaine. Gauvain redouble de courage : il assène sur la tête de son adversaire un si terrible coup, que, lui fendant le heaume jusqu'au cercle, il l'étourdit et l'abat. C'en était fait du chevalier : il allait périr s'il ne se fût avoué vaincu et déjà on lui arrachait les lacets de son heaume. Mais il rendit son épée et demanda la vie. Dès ce moment, tout fut terminé. Le vainqueur avait droit au frein ; on ne pouvait le lui refuser : il ne restait plus que la ressource de l'y faire renoncer lui-même et voici comment on espéra réussir.
Le nain, venant le saluer avec respect, l'invita, de la part de sa maîtresse, à manger avec elle. Elle le reçut très parée, assise sur un siège magnifique dont les pieds étaient d'argent et que surmontait un pavillon orné de broderie et de pierres précieuses. Pendant le repas, elle lui avoua que la dame dont il servait la cause était sa sœur et qu'elle lui avait enlevé le frein.
« Mais si vous voulez renoncer aux droits de votre victoire, ajouta-t-elle, si vous voulez vous fixer auprès de moi et me vouer ce bras invincible dont je viens d'éprouver la force, ce château et trente-huit autres plus beaux encore sont à vous avec toutes leurs richesses ; et celle qui vous prie de les accepter, s'honorera elle-même de devenir l'épouse du vainqueur. »
Gauvain ne fut point ébranlé par ces offres séduisantes. Il persista toujours à exiger le frein ; et quand il l'eut obtenu, il repartit sur sa mule, au milieu des cris de joie d'une foule de peuple qui, à son grand étonnement, accourut sur son passage : c'étaient les habitants du château qui, confinés jusqu'alors dans leurs maisons par la tyrannie de leur dame, ne pouvaient en sortir sans être aussitôt dévorés par ses lions, et qui, maintenant libres, venaient baiser la main de leur libérateur.
De retour à Carduel, le chevalier fut reçu de la dame avec les transports et la reconnaissance que devait inspirer un pareil service. Mais elle fit tout préparer aussitôt pour son départ. En vain Arthur et la reine la pressèrent d'attendre que les fêtes fussent terminées ; rien ne put la retenir : elle prit congé d'eux, monta sur sa mule et repartit...
Tels étaient généralement les romans de chevalerie et de féerie si chers à nos pères.

 Aa-Al  Am-Ar  As-Az  Ba-Be  Bi-Bo  Br-By  Caa-Caz  Ce-Chi  Cho-Cot  Cou-Cy  Da-Dy  Ea-Ez  Fa-Fu  Ga-Go  Gr-Gy  Ha-Hy  Ia-Iw  Ja-Ju  K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
 alchimie  anges  astrologie  démons Aa-En  démons Ep-Je  divination Ac-Cl
 divination Co-Jo  histoires de démons  légendes Al-Ez  légendes Fa-Je  magie Aa-Du
 magie Ec-Ju  morts-revenants  panthéisme  possessions  religion Ab-Bu  religion Ca-Ez
 religion Fa-Ju  sorcellerie Ab-Bu  sorcellerie Ca-Fr  sorcellerie Ga-Ju
Ce site a été sélectionné par Portail2.com Poupees-Dolls, au pays de la poupee Viamenta-Music, MP3 A Paris et ailleurs, photoblog Annuaire et Service Enfin Toi, rencontres conviviales et serieuses

© copyright Viamenta © 2003 – 2006 © tous droits réservés ©
marque déposée à l'INPI sous le n° 06/3409607
déclaration CNIL n° 1153484
hébergement Futie.fr