ATHÉNODORE
Philosophe stoïcien du siècle d'Auguste. On conte qu'il y avait à Athènes une fort belle
maison où personne n'osait demeurer, à cause d'un spectre qui s'y montrait la nuit.
Athénodore, étant arrivé dans cette ville, ne s'effraya point de ce qu'on disait de la maison
décriée et l'acheta.
La première nuit qu'il y passa, étant occupé à écrire, il entendit tout à coup un bruit
de chaînes et il aperçut un vieillard hideux, chargé de fers, qui s'approchait de lui à pas
lents. Il continua d'écrire. Le spectre l'appelant du doigt, lui fit signe de le suivre.
Athénodore répondit à l'esprit, par un autre signe, qu'il le priait d'attendre et continua
son travail ; mais le spectre fit retentir ses chaînes à ses oreilles et l'obséda tellement,
que le philosophe, fatigué, se détermina à voir l'aventure. Il marcha avec le fantôme,
qui disparut dans un coin de la cour. Athénodore étonné arracha une poignée de gazon
pour reconnaître le lieu, rentra dans sa chambre et le lendemain il fit part aux magistrats
de ce qui lui était arrivé. On fouilla dans l'endroit indiqué ; on trouva les os d'un cadavre
avec des chaînes, on lui rendit les honneurs de la sépulture et dès ce moment, ajoute-t-on,
la maison fut tranquille.
Voy. AYOLA et ARIGNOTE.