AUBRY (NICOLE)
Possédée de Laon au seizième siècle. Boulvèse, professeur d'hébreu au collège
de Montaigu a écrit l'histoire de cette possession, qui fit grand bruit en 1566.
Nicole Aubry, de Vervins, fille d'un boucher et mariée à un tailleur, allait prier sur
le tombeau de son grand-père, mort sans avoir pu faire sa dernière confession. Elle crut
le voir sortir du tombeau, lui demandant de faire dire des messes pour le repos de son âme,
qui était dans le purgatoire. La jeune femme en tomba malade de frayeur. On s'imagina alors
que le diable avait pris la forme de Vieilliot, grand-père de Nicole, et qu'elle était
maléficiée. Si cette femme jouait une comédie, elle la joua bien ; car elle fit croire
à toute la ville de Laon qu'elle était possédée de Belzébut, de Baltazo et de plusieurs autres
démons. Elle disait que vingt-neuf diables, ayant formes de chats et taille de moutons gras,
l'assiégeaient de temps en temps. Elle obtint qu'on l'exorcisât ; et on publia que les démons
s'étaient enfuis, Astaroth sous la figure d'un porc, Cerberus sous celle d'un chien, Belzébut
sous celle d'un taureau. On ne sait trop comment juger ces faits inconcevables, si fréquents
au seizième siècle.
Nicole Aubry parvint à se faire présenter, le 27 août 1566, au roi Charles IX, qui lui donna
dix écus d'or.