AYOLA (VASQUÈS DE)
Vers 1570, un jeune homme nommé Vasquès de Ayola étant allé à Bologne, avec deux
de ses compagnons, pour y étudier en droit, et n'ayant pas trouvé de logement dans la ville,
ils habitèrent une grande et belle maison, abandonnée parce qu'il y revenait un spectre
qui épouvantait tous ceux qui osaient y loger ; mais ils se moquèrent de tous ces récits
et s'y installèrent.
Au bout d'un mois, Ayola veillant un soir seul dans sa chambre et ses compagnons dormant
tranquillement dans leurs lits, il entendit de loin un bruit de chaînes, qui s'approchait
et qui semblait venir de l'escalier de la maison ; il se recommanda à Dieu, prit un bouclier,
une épée, et, tenant sa bougie en main, il attendit le spectre, qui bientôt ouvrit la porte
et parut. C'était un squelette qui n'avait que les os ; il était, avec cela, chargé
de chaînes. Ayola lui demande ce qu'il souhaitait ? Le fantôme, selon l'usage, lui fit signe
de le suivre. En descendant l'escalier, la bougie s'éteignit. Ayola eut le courage d'aller
la rallumer et marcha derrière le spectre, qui le mena le long d'une cour où il y avait
un puits. Il craignit qu'il ne voulût l'y précipiter et s'arrêta. L'esprit lui fit signe
de continuer à le suivre ; ils entrèrent dans le jardin, où la vision disparut.
Le jeune homme arracha quelques poignées d'herbe ; pour reconnaître l'endroit ; il alla
ensuite raconter à ses compagnons ce qui lui était arrivé, et le lendemain matin il en donna
avis aux principaux de Bologne. Ils vinrent sur les lieux et y firent fouiller. On trouva
un corps décharné, chargé de chaînes. On s'informa qui ce pouvait être mais on ne put rien
découvrir de certain. On fit faire au mort des obsèques convenables ; on l'enterra et depuis
ce temps la maison ne fut plus inquiétée. Ce fait, rapporté par Antoine de Torquemada, est
encore une copie des aventures d'Athénodore et d'Arignote.