BASILIC
petit serpent, long d'un demi-mètre, qui n'a été connu que des anciens. Il avait deux
ergots, une tête et une crête de coq, des ailes, une queue de serpent ordinaire, etc.
Quelques-uns-disent qu'il naît de l'œuf d'un coq couvé par un serpent ou par un crapaud.
Boguet, au chapitre 14 de ses Discours des sorciers, le fait produire de l'accouplement
du crapaud et du coq, comme le mulet naît d'un âne et d'une jument.
C'est une opinion encore répandue dans les campagnes, que les vieux coqs pondent un œuf
duquel naît un serpent. Ce petit œuf, imparfait, n'est, comme on sait, que l'effet
d'une maladie chez les poules ; et l'absurdité de ce conte bleu n'a plus besoin d'être
démontrée.
Il est possible que les anciens, dans leurs expériences, aient pris des œufs de serpent
pour des œufs de coq. Quoi qu'il en soit, on croit que le basilic tue
de ses regards ; et Mathiole demande comment on a su que le basilic tuait par son regard,
s'il a tué tous ceux qui l'ont vu. On cite toutefois je ne sais quel historien, qui raconte
qu'Alexandre le Grand, ayant mis le siége devant une ville d'Asie, un basilic se déclara
pour les assiégés, se campa dans un trou des remparts et lui tua jusqu'à deux cents soldats
par jour. Une batterie de canons bien servie n'eût pas fait mieux.
Il est vrai, ajoute M. Salgues, que si le basilic peut nous donner la mort, nous pouvons lui
rendre la pareille en lui présentant la surface polie d'un miroir : les vapeurs empoisonnées
qu'il lance de ses yeux, iront frapper la glace et, par réflexion, lui renverront la mort
qu'il voudra donner. C'est Aristote qui nous apprend cette particularité.
Des savants ont regardé en face le serpent qu'on appelle aujourd'hui basilic et qui n'a pas
les accessoires dont les anciens l'ont embelli ; malgré tous les vieux contes, ils sont
sortis bien portants de cette épreuve. Mais, nous le répétons, le reptile auquel
les modernes donnent le nom de basilic, n'est peut-être pas le basilic des anciens ;
car il y a des races perdues.