BÉAL — BÉRITH — BÉRUTH — BOLFRI
Duc aux enfers, grand et terrible. Il est connu sous trois noms ; quelques-uns
le nomment Béal, les juifs Bérith et les nécromanciens Bolfri. Il se montre sous les traits
d'un jeune soldat habillé de rouge des pieds à la tête, monté sur un cheval de même couleur,
portant la couronne au front ; il répond sur le passé, le présent et l'avenir.
On le maîtrise par la vertu des anneaux magiques ; mais il ne faut pas oublier qu'il est
souvent menteur. Il a le talent de changer tous les métaux en or : aussi on le regarde
quelquefois comme le démon des alchimistes. Il donne des dignités et rend la voix
des chanteurs claire et déliée. Vingt-six légions sont à ses ordres.
C'était l'idole des sichemites et peut-être est-ce le même que le Béruth de Sanchoniaton,
que des doctes croient être Pallas ou Diane.
L'auteur du Solide trésor du Petit Albert, conte de Bérith une aventure qui ferait croire
que ce démon n'est plus qu'un follet ou lutin, si toutefois c'est le même Bérith.
Je me suis trouvé, dit-il, dans un château où se manifestait un esprit familier, qui depuis
six ans avait pris soin de gouverner l'horloge et d'étriller les chevaux. Je fus curieux
un matin d'examiner ce manège : mon étonnement fut grand de voir courir l'étrille
sur la croupe du cheval, sans qu'elle parût conduite par aucune main visible. Le palefrenier
me dit que pour attirer ce farfadet à son service, il avait une petite poule noire,
qu'il avait saignée dans un grand chemin croisé ; que du sang de la poule, il avait écrit
sur un morceau de papier : Bérith fera ma besogne pendant vingt ans et je le récompenserai ;
qu'ayant ensuite enterré la poule à un pied de profondeur, le même jour le farfadet avait
pris soin de l'horloge et des chevaux et que de temps en temps lui-même faisait
des trouvailles qui lui valaient quelque chose...
L'historien semble croire que ce lutin était une mandragore. Les cabalistes n'y voient autre
chose qu'un sylphe.