BENSOZIA
Certains canonistes des douzième et treizième siècles s'ètèvent fortement contre
les femmes d'alors qui allaient à une espèce de sabbat sur lequel il ne nous est parvenu
que très peu de notions. On disait que des fées ou des démons transformés en femmes
s'associaient toutes les dames qui voulaient prendre part à leurs plaisirs ; et que toutes,
dames et fées ou démons, montées sur des bêtes ailées, allaient de nuit faire des courses
et des fêtes dans les airs. Elles avaient pour chef la diablesse ou fée Bensozia, à qui
il fallait obéir aveuglément avec une soumission sans réserve. C'était, dit-on, la Diane
des anciens Gaulois ; on l'appelait aussi Nocticula, Hérodias ou la Lune. On voit, dans
des manuscrits de l'église de Cousérans, que des dames au quatorzième siècle avaient
le renom d'aller à cheval aux courses nocturnes de Bensozia. Toutes, comme les sorcières
au sabbat, faisaient inscrire leur nom sur un catalogue et après cela se croyaient fées.
On remarquait encore au dernier siècle, à Montmorillon en Poitou, sur le portique
d'un ancien temple, une femme enlevée par deux serpents dans les airs. C'était sans doute
le modèle de la contenance des sorcières ou fées dans leurs courses de nuit.