BOCAL
Sorcier qui fut arrêté à vingt-sept ans dans le pays de Labour, sous Henri IV,
comme convaincu d'avoir été vu au sabbat, vêtu en prêtre, et servant de diacre
ou de sous-diacre les nuits des trois jours qui précédèrent sa première messe dans l'église
de Sibour — car ce malheureux était prêtre — et, comme on lui demandait pourquoi il disait
plutôt la messe au sabbat qu'à l'église, il répondit que c'était pour s'essayer et voir
s'il ferait bien les cérémonies. Sur la déposition de vingt-quatre témoins, qui disaient
l'avoir vu au sabbat, chantant la messe, il fut condamné à mort après avoir été dégradé.
Lorsqu'il allait être exécuté, il était tellement tendu de rendre son âme au diable, auquel
il l'avait promise, que jamais il ne sut dire ses prières au confesseur qui l'en pressait.
Les témoins ont déclaré que la mère, les sœurs et toute la famille de Bocal étaient sorciers
et que quand il tenait le bassin des offrandes, au sabbat, il avait donné l'argent desdites
offrandes à sa mère, en récompense, sans doute, de ce qu'elle l'avait, dès sa naissance,
voué au diable, comme font la plupart des autres mères sorcières.