BŒUF
Le bœuf de Moïse est un des dix animaux que Mahomet place dans son paradis.
On attache à Marseille quelques idées superstitieuses au bœuf gras qu'on promène, dans
cette ville, au son des flûtes et des timbales, non pas comme partout le jour du carnaval,
mais la veille et le jour de la Fête-Dieu. Des savants ont cru voir là une trace
du paganisme ; d'autres ont prétendu que c'était un usage qui remontait au bouc émissaire
des juifs. Mais Ruffi, dans son Histoire de Marseille, rapporte un acte du quatorzième
siècle qui découvre l'origine réelle de cette coutume. Les confrères du Saint-Sacrement,
voulant régaler les pauvres, achetèrent un bœuf et en avertirent le peuple en le promenant
par la ville. Ce festin fit tant de plaisir qu'il se renouvela tous les ans ; depuis
il s'y joignit de petites croyances. Les vieilles femmes crurent préserver les enfants
de maladie en leur faisant baiser ce bœuf ; tout le monde s'empressa d'avoir de sa chair
et on regarde encore aujourd'hui comme très heureuses les maisons à la porte desquelles
il veut bien, dans sa marche, déposer ses excréments.
Parmi les bêtes qui ont parlé, on peut compter les bœufs. Fulgose rapporte qu'un peu avant
la mort de César un bœuf dit à son maître qui le pressait de labourer : Les hommes
manqueront aux moissons, avant que la moisson manque aux hommes.
On voit, dans Tite-Live et dans Valère-Maxime, que pendant la seconde guerre punique un bœuf
cria en place publique : Rome, prends garde à toi !
François de Torre-Blanca pense que ces deux bœufs étaient possédés de quelque démon.
Le père Engelgrave — Lux evangelica, page 286 des Dominicales — cite un autre bœuf qui a
parlé. Voy. BÉHÉMOTH.