BOUCHEY (MARGUERITE RAGUM)
Femme d'un maçon de la Sologne, vers la fin du seizième siècle ; elle montrait
une sorte de marionnette animée, que les gens experts découvrirent être un lutin. En juin
1603, le juge ordinaire de Romorantin, homme avisé, se mit en devoir de procéder contre
la marionnette. Elle confessa que maître Jehan, cabaretier de Blois, à l'enseigne du Cygne,
chez qui elle était servante, lui avait fait gouverner trois mois cette marionnette
ou mandragore, qu'elle lui donnait à manger avec frayeur d'abord, car elle était fort
méchante, que quand son maître allait aux champs, il lui disait : « Je vous recommande
ma bête et que personne ne s'en approche que vous. »
Elle conta qu'une certaine fois Jehan étant allé en voyage, elle demeura trois jours
sans donner à manger à la bête, si bien qu'à son retour, elle le frappa vivement
au visage... Elle avait la forme d'une guenon, que l'on cachait bien, car elle était
si hideuse, que personne ne l'osait regarder. Sur ces dépositions, le juge fit mettre
la femme Bouchey à la question et plus tard le parlement de Paris la condamna comme
sorcière. Il est assez probable que la marionnette était simplement une vraie guenon.