BROWN (THOMAS)
Médecin anglais, mort en 1682. Il combattit les erreurs dans un savant ouvrage
que l'abbé Souchay a traduit en français sous le titre d'Essai sur les erreurs populaires,
ou examen de plusieurs opinions reçues comme vraies et qui sont fausses ou douteuses. 2 vol.
in-12°. Paris, 1733 et 1742. Ce livre, utile quand il parut, l'est encore aujourd'hui,
quoique beaucoup de ces erreurs soient dissipées. Les connaissances du docteur Brown sont
vastes, ses jugements souvent justes ; quelquefois cependant il remplace une erreur
par une autre.
L'Essai sur les erreurs populaires est divisé en sept livres. On recherche dans le premier
la source des erreurs accréditées ; elles doivent naissance à la faiblesse de l'esprit
humain, à la curiosité, à l'amour de l'homme pour le merveilleux, aux fausses idées,
aux jugements précipités.
Dans le second livre on examine les erreurs qui attribuent certaines vertus merveilleuses
aux minéraux et aux plantes : telles sont les qualités surnaturelles qu'on donne à l'aimant
et le privilège de la rose de Jéricho qui, dans l'opinion des bonnes gens, fleurit tous
les ans la veille de Noël.
Le troisième livre est consacré aux animaux et combat les merveilles qu'on débite sur
leur compte et les propriétés que des charlatans donnent à quelques-unes de leurs parties
ou de leurs sécrétions.
Le quatrième livre traite des erreurs relatives à l'homme. L'auteur détruit la vertu
cordiale accordée au doigt annulaire, le conte populaire qui fait remonter l'origine
de saluer dans les éternuments à une épidémie dans laquelle on mourait en éternuant,
la puanteur spéciale des juifs, les pygmées, les années climatériques.
Le cinquième livre est consacré aux erreurs qui nous sont venues par la faute des peintres ;
comme le nombril de nos premiers parents, le sacrifice d'Abraham où son fils Isaac est
représenté enfant, tandis qu'il avait quarante ans.
L'auteur discute, dans le livre sixième, les opinions erronées ou hasardées qui ont rapport
à la cosmographie et à l'histoire. Il combat les jours heureux ou malheureux, les idées
vulgaires sur la couleur des nègres.
Le septième livre enfin est consacré à l'examen de certaines traditions reçues, sur la mer
Morte, la tour de Babel, les rois de l'Épiphanie, etc.
Le savant ne se montre pas crédule ; cependant il croyait, comme tout chrétien, aux sorciers
et aux démons. Le docteur Hutchinson cite de lui un fait à ce sujet dans son Essai
sur la sorcellerie. En 1664, deux personnes accusées de sorcellerie allaient être jugées
à Norwich ; le grand jury consulta Brown, dont on révérait l'opinion et le savoir. Brown
signa une attestation dont on a conservé l'original, dans laquelle il reconnaît l'existence
des sorciers et l'influence du diable ; il y cite même des faits analogues à ceux
qui faisaient poursuivre les deux accusés et qu'il présente comme incontestables. Ce fut
cette opinion qui détermina la condamnation des prévenus.