CECCO D'ASCOLI (FRANÇOIS STABILI, dit)
CHICUS ÆSCULANUS
Professeur d'astrologie né dans la marche d'Ancône au treizième siècle. Il se mêlait
aussi de magie et d'hérésie. On dit, ce qui n'est pas certain, qu'il fut brûlé en 1327,
avec son livre d'astrologie qui est, à ce qu'on croit, le commentaire sur la sphère
de Sacrobosco.
Il disait qu'il se formait dans les cieux des esprits malins qu'on obligeait, par le moyen
des constellations, à faire des choses merveilleuses. Il assurait que l'influence des astres
était absolue et reconnaissait le fatalisme. Selon sa doctrine, Notre-Seigneur Jésus-Christ
n'avait été pauvre et n'avait souffert une mort ignominieuse que parce qu'il était né
sous une constellation qui causait nécessairement cet effet... ; au contraire,
l'antechrist sera riche et puissant, parce qu'il naîtra sous une constellation favorable.
ne preuve que Cecco était fou, disent Naudé et Delrio, c'est, 1° qu'il interprète le livre
de Sacrobosco dans le sens des astrologues, nécromanciens et chiroscopistes ; 2° qu'il cite
grand nombre d'auteurs falsifiés, comme les Ombres des idées de Salomon, le Livre des esprits
d'Hipparchus, les Aspects des étoiles d'Hippocrate, etc.
On demandait un jour à Cecco ce que c'était que la lune ; il répondit : C'est une terre
comme la nôtre, ut terra terra est.
On a beaucoup disputé sur cet astrologue, connu aussi sous le nom de Cecus Asculan
et plus généralement sous celui de Chicus Æsculanus. Delrio ne voit en lui qu'un homme
superstitieux, qui avait la tête mal timbrée. Naudé, ainsi que nous l'avons noté, le regarde
comme un fou savant. Quelques auteurs, qui le mettent au nombre des nécromanciens,
lui prêtent un esprit familier, nommé Floron, de l'ordre des chérubins, lequel Floron
l'aidait dans ses travaux et lui donnait de bons conseils, ce qui ne l'empêcha pas de faire
des livres ridicules.