CHANDELLE
Cardan prétend que, pour savoir si un trésor est enfoui dans un souterrain où l'on creuse
pour cela, il faut avoir une grosse chandelle, faite de suif humain, enclavée dans un morceau
de coudrier, en forme de croissant, de manière à figurer avec les deux branches une fourche
à trois rameaux. Si la chandelle, étant allumée dans le lieu souterrain, y fait beaucoup
de bruit en pétillant avec éclat, c'est une marque qu'il y a un trésor. Plus on approchera
du trésor, plus la chandelle pétillera ; enfin elle s'éteindra quand elle en sera tout à fait
voisine.
Ainsi il faut avoir d'autres chandelles dans des lanternes, afin de ne pas demeurer
sans lumière. Quand on a des raisons solides pour croire que ce sont les esprits des hommes
défunts qui gardent les trésors, il est bon de tenir des cierges bénits au lieu de chandelles
communes ; et on les conjure de la part de Dieu de déclarer si l'on peut faire quelque chose
pour les mettre en lieu de repos ; il ne faudra jamais manquer d'exécuter ce qu'ils auront
demandé...
Les chandelles servent à plus d'un usage. On voit dans tous les démonographes que
les sorcières, au sabbat, vont baiser le derrière du diable avec une chandelle noire à la main.
Boguet dit qu'elles allument ces chandelles à un flambeau qui est sur la tête de bouc
du diable, entre ses deux cornes, et qu'elles s'éteignent et s'évanouissent dès qu'on les
lui a offertes.
N'oublions pas que trois chandelles ou trois bougies sur une table sont de mauvais augure ;
et que quand de petits charbons se détachent de la lumière d'une chandelle, ils annoncent,
selon quelques-uns, une visite ; mais, selon le sentiment plus général, une nouvelle,
agréable s'ils augmentent la lumière, fâcheuse s'ils l'affaiblissent.