CHORROPIQUE (MARIE)
Sorcière bordelaise du temps de Henri IV, qui confessa s'être donnée au diable
par le moyen d'un nommé Augerot d'Armore, qui la mena dans une lande où elle trouva
un grand seigneur vêtu de noir, dont la figure était voilée. Il était entouré d'une infinité
de gens richement habillés. Marie Chorropique ayant prononcé le nom de Jésus, tout disparut
incontinent. Son guide ne vint la reprendre que trois heures après, la tança d'avoir prononcé
le nom de Notre-Seigneur et la conduisit au sabbat, près d'un moulin, où elle retrouva le même
seigneur noir, avec un nommé Menjoin, qui portait un pot de terre où il y avait de grosses
araignées enflées d'une drogue blanche et deux crapauds qu'on tua à coups de gaule,
qu'on chargea Marie d'écorcher.
Ensuite, Augerot pila ces araignées dans un mortier avec les crapauds. Ils jetèrent
cette composition sur quelques paturages pour faire mourir les bestiaux. Après quoi,
ils s'en allèrent au bourg d'Irauris, où ils prirent sans bruit un enfant au berceau.
Augerot et Menjoin l'étranglèrent et le mirent entre son père et sa mère qui dormaient,
afin que le père crût que sa femme l'avait étouffé et que la mère à son tour accusât son mari.
Ils en empoisonnèrent d'autres. À toutes ces exécutions, Marie Chorropique attendait
les deux bandits à la porte des maisons. Que penser de ces récits ?
Elle dit encore que, dans un autre sabbat, elle vit deux sorcières qui apportèrent le cœur
d'un enfant dont la mère s'était fait avorter et qu'elles le gardèrent pour en faire
un sacrifice au diable. Cette horrible sorcière fut brûlée le 2 octobre 1576.