CLÉIDOMANCIE ou CLÉIDONOMANCIE
Divination par le moyen d'une clef. On voit dans Delrio et Delancre qu'on employait
cette divination pour découvrir l'auteur d'un vol ou d'un meurtre. On tortillait autour
d'une clef un billet contenant le nom de celui qu'on soupçonnait ; puis on attachait
cette clef à une Bible, qu'une fille vierge soutenait de ses mains. Le devin marmottait
ensuite tout bas le nom des personnes soupçonnées ; et on voyait le papier tourner
et se mouvoir sensiblement.
On devine encore d'une autre manière par la cléidomancie. On attache étroitement une clef
sur la première page d'un livre ; on ferme le livre avec une corde, de façon que l'anneau
de la clef soit dehors ; la personne qui a quelque secret à découvrir par ce moyen,
pose le doigt dans l'anneau de la clef, en prononçant tout bas le nom qu'elle soupçonne.
S'il est innocent, la clef reste immobile ; s'il est coupable, elle tourne avec une telle
violence, qu'elle rompt la corde qui attache le livre.
Les cosaques et les russes emploient souvent cette divination ; mais ils mettent la clef
en travers et non à plat, de manière que la compression lui fait faire le quart de tour.
Ils croient savoir par là si la maison où ils sont est riche, si leur famille se porte bien
en leur absence, si leur père vit encore, etc. Ils font usage surtout de cette divination
pour découvrir les trésors. On les a vus plusieurs fois en France recourir à cet oracle
de la clef sur l'Évangile de saint Jean, durant l'invasion de 1814.