COIFFE
On s'est formé différentes idées sur la membrane appelée coiffe, qui couvre quelquefois
la tête des enfants lorsqu'ils sortent du sein de leur mère. Les personnes superstitieuses
la conservent avec soin, comme un moyen de bonheur, et on dit d'un homme heureux qu'il est né
coiffé. On a même avancé que cette coiffe étend ses effets favorables jusque sur ceux
qui la portent avec eux. Spartien parle de cette superstition dans la vie d'Antonin.
Il dit que les sages-femmes vendaient ordinairement ces coiffes naturelles à des jurisconsultes
crédules, qui en attendaient d'heureux résultats pour leurs affaires. Ils étaient persuadés
que ce talisman leur ferait gagner toutes les causes. On se les disputait chez nous
au seizième siècle.
Dans quelques provinces, on croyait que la coiffe révélait une vocation à la vie monastique.
Les sages-femmes prédisaient aussi, chez nos pères, le sort de l'enfant qui apportait la coiffe
sur la tête. Voy. AMNIOMANCIE.
Avant que l'empereur Macrin montât sur le trône, sa femme lui donna un fils qui naquit coiffé.
On prédit qu'il s'élèverait au rang suprême et on le surnomma Diadematus. Mais quand Macrin
fut tué, il arriva de Diadematus qu'il fut proscrit et tué comme son père.