DAGOBERT Ier
Roi de France, mort en 638, à l'âge de trente-sept ans. Une vieille légende établit
qu'après qu'il fut mort un bon ermite, nommé Jean, qui s'était retiré dans une petite île
voisine des côtes de la Sicile, vit en songe, sur la mer, l'âme du roi Dagobert enchaînée
dans une barque et des diables qui la maltraitaient en la conduisant vers la Sicile,
où ils devaient la précipiter dans les gouffres de l'Etna. On croyait autrefois que le cratère
de ce volcan était une des entrées de l'enfer ; et il n'est pas encore vérifié que ce soit
une erreur. L'âme appelait à son secours saint Denis, saint Maurice et saint Martin,
que le roi, en son vivant, avait fort honorés. Les trois saints descendirent, revêtus d'habits
lumineux, assis sur un nuage brillant. Ils se jetèrent sur les malins esprits, leur enlevèrent
la pauvre âme et l'emportèrent au ciel.
Un monument curieux, le tombeau de Dagobert, sculpté vers le temps de saint Louis, retrace
ces circonstances merveilleuses. La principale façade est divisée en trois bandes.
Dans la première on voit quatre diables — deux ont des oreilles d'âne — qui emmènent l'âme
du roi dans une barque ; la seconde représente saint Denis, saint Maurice et saint Martin,
accompagnés de deux anges, avec le bénitier et le goupillon ; ils chassent les démons.
Sur la troisième bande, on voit l'âme qui s'enlève ; et une main généreuse sort d'un nuage
pour l'accueillir.
Les farceurs ont glosé sur cette poésie du Moyen Âge, sur cette légende et sur le monument,
qui est toujours dans l'église de Saint-Denis. Mais quel mal y a-t-il donc dans ces récits,
que l'Église n'a jamais imposés et qui sont toutefois des fleurs ? Ce qu'il y a de mal,
c'est que ces fleurs tombent quelquefois devant des pourceaux.