DANSE DU SABBAT
Pierre Delancre assure que les danses du sabbat rendent les hommes furieux et font
avorter les femmes. Le diable, dit-on, apprenait différentes sortes de danses aux sorciers
de Genève. Ces danses étaient fort rudes, puisqu'il se servait de verges et de bâtons,
comme ceux qui font danser les animaux. Il y avait dans ce pays une jeune femme à qui le diable
avait donné une baguette de fer qui avait la vertu de faire danser les personnes
qu'elle touchait. Elle se moquait des juges durant son procès et leur protestait
qu'ils ne pourraient la faire mourir ; mais elle déchanta.
Les démons dansent avec les sorcières, en forme de bouc ou de tout autre animal.
On danse généralement en rond au sabbat, dos à dos, rarement seul ou à deux. Il y a trois
branles : le premier se nomme le branle à la bohémienne ; le second s'exécute comme celui
de nos artisans dans les campagnes, c'est-à-dire en sautant toujours, le dos tourné ;
dans le troisième branle, on se place tous en long, se tenant par les mains et avec certaine
cadence, à peu près comme dans ce qu'on appelle aujourd'hui le galop. On exécute ces danses
au son d'un petit tambourin, d'une flûte, d'un violon ou d'un autre instrument que l'on frappe
avec un bâton. C'est la seule musique du sabbat. Cependant des sorciers ont assuré
qu'il n'y avait pas de concerts au monde mieux exécutés...