DIOCLÉTIEN
N'étant encore que dans les grades inférieurs de l'armée, il réglait un jour ses comptes
avec une cabaretière de Tongres, dans la Gaule Belgique. Comme cette femme, qui était druidesse,
lui reprochait d'être avare :
« Je serai plus généreux, lui dit-il en riant, quand je serai empereur.
— Tu le seras, répliqua la druidesse, quand tu auras tué un sanglier. »
Dioclétien, étonné, sentit l'ambition s'éveiller dans son âme et chercha sérieusement
à presser l'accomplissement de cette prédiction, qui nous a été conservée par Vopiscus.
Il se livra particulièrement à la chasse du sanglier. Cependant il vit plusieurs princes
arriver au trône sans qu'on songeât à l'y élever ; et il disait sans cesse :
« Je tue bien les sangliers ; mais les autres en ont le profit. »
Il avait été consul et il occupait des fonctions importantes. Quand Numérien eut été tué
par son beau-père, Arrius Aper, toutes les espérances de Dioelétien se réveillèrent : l'armée
le porta au trône. Le premier usage qu'il fit de son pouvoir fut de tuer lui-même, de son épée,
le perfide Aper, dont le nom est celui du sanglier, en s'écriant qu'il venait enfin de tuer
le sanglier fatal.
On sait que Dioclétien fut ensuite un des plus grands persécuteurs de l'Église.