ELFES
Génies scandinaves. On croit, aux bords de la Baltique, qu'il y a un roi des elfes,
qui règne à la fois sur l'île de Stern, sur celle de Mœ et sur celle de Rugen. Il a un char
attelé de quatre étalons noirs. Il s'en va d'une île à l'autre en traversant les airs ;
alors on distingue très bien le hennissement de ses chevaux et la mer est toute noire. Ce roi
a une grande armée à ses ordres ; ses soldats ne sont autre chose que les grands chênes
qui parsèment l'île. Le jour, ils sont condamnés à vivre sous une écorce d'arbre ; mais la nuit,
ils reprennent leur casque et leur épée et se promènent fièrement au clair de la lune.
Dans les temps de guerre, le roi les assemble autour de lui. On les voit errer au-dessus
de la côte et alors malheur à celui qui tenterait d'envahir le pays !
Voy. ERCELDOUNE.
La tradition des bons et des mauvais anges est sensible dans les fictions de l'Edda.
Snorro Sterlason nous apprend que les elfs de la lumière, dont Ben Johnson a fait les esprits
blancs de ses Masques, séjournent dans Alf-Heim — demeure des elfs — le palais du ciel,
tandis que les swart elfs, elfs de la nuit, habitent les entrailles de la terre. Les premiers
ne seront pas sujets à la mort ; car les flammes de Surtur ne les consumeront pas
et leur dernière demeure sera Vid-Blain, le plus haut ciel des bienheureux ; mais les swart elfs
sont mortels et sujets à toutes les maladies, quels que soient d'ailleurs leurs attributs.
Les islandais modernes considèrent aussi le peuple elf comme formant une monarchie ; ou du moins
ils le font gouverner par un vice-roi absolu qui, tous les ans, se rend en Norvège
avec une députation de pucks — lutins — pour y renouveler son serment d'hommage-lige
au souverain seigneur, qui réside dans la mère-patrie. Il est évident que les islandais croient
que les elfs sont, comme eux, une colonie transplantée dans l'île.
Voy. DANSE DES ESPRITS.