ÉPREUVES
L'épreuve gothique qui servait à reconnaître les sorciers a beaucoup de rapport
avec la manière judicieuse que le peuple emploie pour s'assurer si un chien est enragé
ou ne l'est pas. La foule se rassemble et tourmente, autant que possible, le chien qu'on accuse
de rage. Si l'animal dévoué se défend et mord, il est condamné, d'une voix unanime, d'après
ce principe qu'un chien enragé mord tout ce qu'il rencontre. S'il tâche, au contraire,
de s'échapper et de fuir à toutes jambes, l'espérance de salut est perdue sans ressource :
on sait de reste qu'un chien enragé court avec force et tout droit devant lui
sans se détourner.
La sorcière soupçonnée était plongée dans l'eau, les mains et les pieds fortement liés ensemble.
Surnageait-elle on l'enlevait aussitôt pour la précipiter dans un bûcher comme convaincue
d'être criminelle, puisque l'eau des épreuves la rejetait de son sein. Enfonçait-elle,
son innocence était dès lors irréprochable ; mais cette justification lui coûtait la vie.
Il y avait bien d'autres épreuves. Celle de la croix consistait généralement, pour les deux
adversaires, à demeurer les bras étendus devant une croix, celui qui y tenait le plus longtemps
gagnait sa cause.
Mais le plus souvent les épreuves judiciaires se faisaient autrefois par l'eau ou le feu.
Voy. EAU BOUILLANTE,
CERCUEIL, etc.