FER CHAUD (ÉPREUVE DU)
Celui qui voulait se justifier d'une accusation, ou prouver la vérité d'un fait
contesté, et que l'on condamnait pour cela à l'épreuve du fer chaud, était obligé
de porter, à neuf ou douze pas, une barre de fer rouge pesant environ trois livres.
Cette épreuve se faisait aussi en mettant la main dans un gantelet de fer sortant
de la fournaise, ou en marchant sur du fer rougi.
Voy. EMMA.
Un mari de Didymotèque, soupçonnant la fidélité de sa femme, lui proposa d'avouer
son crime ou de prouver son innocence par l'attouchement d'un fer chaud.
Si elle avouait, elle était morte ; si elle tentait l'épreuve, elle craignait d'être
brûlée. Elle eut recours à l'évêque de Didymotèque, prélat recommandable ;
elle lui avoua sa faute en pleurant et promit de la réparer. L'évêque, assuré
de son repentir et sachant que le repentir vrai restitue l'innocence, lui dit
qu'elle pouvait sans crainte se soumettre à l'épreuve. Elle prit un fer rougi au feu,
fit trois fois le tour d'une chaise, l'ayant toujours à la main ; et le mari fut
pleinement rassuré. Ce trait eut lieu sous Jean Cantacuzène.
Sur la côte du Malabar, l'épreuve du fer chaud était aussi en usage. On couvrait la main
du criminel d'une feuille de bananier et l'on y appliquait un fer rouge ; après quoi
le surintendant des blanchisseurs du roi enveloppait la main de l'accusé avec
une serviette trempée dans de l'eau de riz ; il la liait avec des cordons ; puis le roi
appliquait lui-même son cachet sur le nœud. Trois jours après on déliait la main
et on déclarait le prévenu innocent, s'il ne restait aucune marque de brûlure ; mais
s'il en était autrement, il était envoyé au supplice.
Au reste, l'épreuve du fer chaud est fort ancienne ; car il en est question
dans l'Électre de Sophocle.