FEU
Plusieurs nations ont adoré cet élément. En Perse, on faisait des enclos fermés
de murailles et sans toit, où l'on entretenait du feu. Les grands y jetaient
des essences et des parfums.
Quand un roi de Perse était à l'agonie, on éteignait le feu dans les villes principales
du royaume, pour ne le rallumer qu'au couronnement de son successeur.
Certains tartares n'abordent jamais les étrangers qu'ils n'aient passé entre deux feux
pour se purifier ; ils ont bien soin de boire la face tournée vers le midi,
en l'honneur du feu.
Les jagous, peuple de Sibérie, croient qu'il existe dans le feu un être qui dispense
le bien et le mal ; ils lui offrent des sacrifices perpétuels.
On sait que, selon les cabalistes, le feu est l'élément des Salamandres.
Parmi les épreuves superstitieuses qu'on appelait jugements de Dieu, l'épreuve du feu
ne doit pas être oubliée. Lorsqu'il fallut décider en Espagne si l'on y conserverait
la liturgie mozarabique ou si l'on suivrait le rite romain, on résolut d'abord
de terminer le différend dans un combat où les deux liturgies seraient représentées
par deux champions ; mais ensuite on jugea qu'il était plus convenable de jeter au feu
les deux liturgies et de retenir celle que le feu ne consumerait pas ; ce prodige fut
opéré, dit-on, en faveur de la liturgie mozarabique.
Voy. FER CHAUD.