GALIGAÏ (LÉONORA)
Épouse du maréchal d'Ancre Concino Concini, qui fut tué par la populace en 1617.
On la crut sorcière ; et en effet, elle s'occupait de sciences occultes et de charmes.
On publia que par ses maléfices elle avait ensorcelé la Reine ; surtout lorsqu'on eut trouvé
chez elle trois volumes pleins de caractères magiques, cinq rouleaux de velours destinés
à dominer les esprits des grands, des amulettes qu'elle se mettait au cou, des agnus
que l'on prit pour des talismans, car elle mêlait les choses saintes aux abominations
magiques, et une lettre que Léonora avait ordonné d'écrire à une sorcière nommée Isabelle.
Il fut établi au procès que le maréchal et sa femme se servaient, pour envoûter, d'images
de cire qu'ils gardaient dans de petits cercueils ; qu'ils consultaient des magiciens,
des astrologues et des sorciers ; qu'ils en avaient fait venir de Nancy pour sacrifier
des coqs aux démons et que dans ces cérémonies Galigaï ne mangeait que des crêtes de coq
et des rognons de bélier qu'elle faisait charmer auparavant. Elle fut encore convaincue
de s'être fait exorciser par un certain Mathieu de Montanay, charlatan sorcier.
Sur ses propres aveux, dit-on, elle eut la tête tranchée et fut brûlée en 1617. Cependant
le président Courtin lui demandant par quel charme elle avait ensorcelé la Reine,
elle répondit fièrement : « Mon sortilège a été le pouvoir que les âmes fortes ont
sur les âmes faibles. »