GANGA-GRAMMA
Démon femelle que les indiens craignent beaucoup et par conséquent auquel ils rendent
de grands honneurs. Il a une seule tête et quatre bras ; il tient dans la main gauche
une petite jatte et dans la droite une fourchette à trois pointes.
On le mène en procession sur un char avec beaucoup de pompe ; quelquefois il se trouve
des fanatiques qui se font écraser par dévotion sous ses roues. Les boucs sont les victimes
ordinaires qu'on lui immole.
Dans les maladies ou dans quelque autre danger, il se trouve des indiens qui font vœu,
s'ils en réchappent, de pratiquer en l'honneur de Ganga-Gramma la cérémonie suivante.
On leur enfonce dans la peau du dos des crochets, par le moyen desquels on les élève
en l'air ; là ils font quelques tours d'adresse, comme des entrechats, en présence *
des spectateurs. Il se trouve des femmes simples et crédules, à qui l'on persuade
que cette cérémonie est agréable à Ganga-Gramma et qu'elle ne cause aucune douleur.
Lorsqu'elles la sentent, il n'est plus temps de s'en dédire, elles sont déjà en l'air
et les cris des assistants étouffent leurs plaintes.
Une autre sorte de pénitence, toujours en l'honneur du même démon, consiste à se laisser
passer une ficelle dans la chair et à danser pendant que d'autres personnes tirent
cette ficelle.
La nuit qui suit sa fête, on lui sacrifie un buffle dont on recueille le sang dans un vase ;
on le place devant l'idole et l'on assure que le lendemain il se trouve vide. Des auteurs
disent qu'autrefois, au lieu d'un buffle, on immolait une victime humaine.