HERMAPHRODITES
Longtemps avant Antoinette Bourignon, qui soutint cette singulière thèse
au dix-septième siècle, il s'était élevé, sous le pontificat d'Innocent III, une secte
de novateurs qui enseignait qu'Adam était à sa naissance homme et femme tout à la fois.
Pline assure qu'il existait en Afrique, au delà du désert de Zara, un peuple
d'androgynes.
Les lois romaines mettaient les hermaphrodites au nombre des monstres et les condamnaient
à mort.
Tite-Live et Eutrope rapportent qu'il naquit auprès de Rome, sous le consulat de Claudius
Néron, un enfant pourvu de deux sexes ; que le sénat, effrayé de ce prodige, décréta
qu'il fallait le noyer. On enferma l'enfant dans un coffre ; on l'embarqua sur un bâtiment
et on le jeta en pleine mer.
Leloyer parle longuement d'une femme de Macédoine, nommée Héraïde, qui se maria
comme femme et devint homme ensuite dans une absence de son mari. C'était, dans
les vieilles opinions, un hermaphrodite. Mais on ne voit plus d'hermaphrodites
aujourd'hui.
Les hermaphrodites, dans les contes plus anciens, avaient les deux sexes, deux têtes
quatre bras et quatre pieds. Les dieux, dit Platon, avaient d'abord formé l'homme
avec deux corps et les deux sexes. Ces hommes doubles étaient d'une force si extraordinaire
qu'ils résolurent de faire la guerre aux dieux. Jupiter irrité les partagea pour les
affaiblir et Apollon seconda le père des dieux dans l'exécution de ses volontés.