IDOLES
L'idole est une image, une figure, une représentation d'un être imaginaire ou réel.
Le culte d'adoration rendu à quelque idole s'appelle idôlatrie.
Si les idoles ont fait chez les païens des choses qu'on pouvait appeler prodiges,
ces prodiges n'ont eu lieu que par le pouvoir des démons ou par le charlatanisme.
Saint Grégoire le thaumaturge, se rendant à Néocésarée, fut surpris par la nuit et par
une pluie violente qui l'obligea d'entrer dans un temple d'idoles, fameux dans le pays
à cause des oracles qui s'y rendaient. Il invoqua le nom de Jésus-Christ, fit le signe
de la croix pour purifier le temple et passa une partie de la nuit à chanter les louanges
de Dieu, suivant son habitude. Après qu'il fut parti, le prêtre des idoles vint au temple,
se disposant à faire les cérémonies de son culte. Les démons, dit-on, lui apparurent
aussitôt et lui dirent qu'ils ne pouvaient plus habiter ce lieu, depuis qu'un saint évêque
y avait séjourné. Il promit bien des sacrifices pour les engager à tenir ferme sur
leurs autels ; mais la puissance de Satan s'était éclipsée devant Grégoire. Le prêtre,
furieux, poursuivit l'évêque de Néocésarée et le menaça de le faire punir juridiquement
s'il ne réparait le mal qu'il venait de causer. Grégoire, qui l'écoutait sans s'émouvoir,
lui répondit :
« Avec l'aide de Dieu, qui chasse les démons, ils pourront revenir s'il le permet. »
Il prit alors un papier sur lequel il écrivit : « Grégoire à Satan. Rentre. »
Le sacrificateur étonné porta ce billet dans son temple, fit ses sacrifices et les démons
y revinrent. Réfléchissant alors à la puissance de Grégoire, il retourna vers lui à la hâte,
se fit instruire dans la religion chrétienne et convaincu par un nouveau miracle du saint
thaumaturge, il devint son disciple.
Porphyre avoue que les démons s'enfermaient dans les idoles pour recevoir le culte
des gentils. Parmi les idoles, dit-il, il y a des esprits impurs, trompeurs et malfaisants,
qui veulent passer pour des dieux et se faire adorer par les hommes ; il faut les apaiser,
de peur qu'ils ne nous nuisent. Les uns, gais et enjoués, se laissent gagner par
des spectacles et des jeux ; l'humeur sombre des autres veut l'odeur de la graisse
et se repaît des sacrifices sanglants.