Jusqu'ici nous avons sommairement donné la principale doctrine — exposée
et raccourcie comme en un tableau — qui était nécessaire aux prédictions de chacun
des évènements. Joignons-y maintenant celles des prédictions de chaque chose,
autant qu'il est possible, en suivant partout la raison des causes naturelles.
Or, vu qu'il y a deux principales parties des prédictions astronomiques, l'une universelle
qui enseigne les qualités des pays, des peuples ou des villes, l'autre particulière
qui regarde les fortunes de chaque homme, il faut d'abord parler de l'universelle,
parce que les évènements des régions entières sont mus par de plus grandes
et de plus fortes causes, que les évènements particuliers des hommes. Puis donc
que les plus faibles natures sont assujetties aux plus puissantes, et les particulières
aux universelles, il est nécessaire de parler d'abord des universelles, si nous voulons
entrer en considération des particulières.
Du reste, cette considération générale est ou des régions entières, ou de parties
et de certaines villes. Outre cela, elle contient les plus grands inconvénients,
et qui semblent retourner par certains intervalles de temps, comme les guerres, la peste,
les tremblements de terre, les déluges et les choses semblables. Une autre montre
les plus légers et les moindres changements comme le dérèglement ou la température
des saisons de l'année, la rigueur ou la modération de l'hiver, les vents, la chaleur,
la fertilité, la stérilité, et autres choses de cette sorte. Or il faut préférer
pour la cause ci-devant alléguée, l'observation des plus grands évènements,
et qui arrivent à des régions entières. Leur connaissance requiert deux choses :
premièrement de considérer à quelles parties du Zodiaque et à quelles planètes appartient
chaque pays ; en second lieu, de remarquer quels effets arrivent à certains temps
en chacune de ces parties, à cause du défaut des luminaires, des passages, du lever
et des stations des planètes. Faisons entendre d'abord l'accord naturel de toutes
ces choses en touchant aussi en passant les conditions du corps et des mœurs des peuples,
lesquelles ne sont point contraires à la qualité naturelle des astres et des signes
auxquels ils sont assujettis.