En quatrième lieu, il a été proposé d'examiner la manière des évènements,
c'est-à-dire s'ils tendent à bien ou à mal, et en l'une et l'autre sorte quels ils doivent
être en leur espèce. Cela se prendra de la nature des planètes dominantes, qui sont
aux lieux principaux et de leur mélange à la fois entre eux et avec les lieux
où elles se trouvent. En effet le Soleil et la Lune gouvernent les autres planètes et sont
causes principales des évènements ; mais distribuant ce commandement aux autres
qui dominent, ils augmentent ou amoindrissent leurs significations.
La considération des planètes qui ont le plus de droit dans le mélange, fait connaître
la qualité des évènements. Nous commencerons donc à parler de chaque qualité des planètes ;
mais il faut auparavant donner ce petit avertissement, que lorsqu'en général je nomme
quelqu'une des planètes, j'entends parler de la vertu qui produit un effet semblable,
soit que cette même planète se trouve en un lieu qui convienne à sa propre constitution,
soit quelque autre étoile fixe ou lieu du Zodiaque qui soit de pareille vertu ;
de même sorte que si je parlais non des planètes, mais en général de leurs natures
et de leurs qualités ; et je n'entends pas admettre dans la considération du mélange
les seules configurations des planètes, mais y faire encore entrer les autres semblables
natures, soit étoiles fixes, ou lieux du Zodiaque qui — suivant ce que nous avons
enseigné ci-dessus — auront avec elles quelque sympathie.
Lorsque Saturne domine seul, en général, il est cause de corruption, par froid.
En particulier, il apporte aux hommes les maladies de longue durée, les phtisies,
les chancres, les rhumatismes, trouble les humeurs, cause les fièvres quartes,
les bannissements, les pauvretés, les fâcheries, les pleurs, les frayeurs, la mort
et principalement aux vieilles gens. De plus, il provoque une pénurie des bêtes qui sont
utiles aux hommes et afflige de maladies celles d'entre elles qui restent, de telle sorte
que le mal en est contagieux à ceux qui en usent. En l'air, il excite un froid horrible,
auteur de glace, nébuleux et pestilent ; il rend le ciel trouble, amène les nuages sombres,
des brouillards, de grandes neiges, non pas utiles, mais dommageables et d'où s'engendrent
les serpents qui sont funestes aux hommes. Dans les rivières et dans la mer, il cause
ordinairement les cruelles tempêtes et les naufrages, fait les navigations difficiles,
la disette et la mort des poissons ; et particulièrement dans les flux et reflux de la mer,
il fait les excessives marées et dans les fleuves les inondations et la corruption des eaux.
Sur terre, il suscite la cherté des fruits, le manque et le dégât de ceux qui principalement
sont nécessaires à la vie, soit que ces maux arrivent par les chenilles et sauterelles,
soit par les déluges et pluies, ou soit par les grêles, qui font périr les hommes
par la faim et par d'autres semblables misères.
Quand Jupiter gouverne seul, il cause en général l'accroissement de toutes choses ;
particulièrement, lorsque les évènements appartiennent aux hommes, il signifie gloire,
abondance, repos et paix ; il augmente les affaires domestiques, il entretient
les avantages du corps et de l'esprit, promet des bienfaits et des libéralités des rois,
et comble de gloire ces mêmes rois et généralement est auteur de tous biens. Il fait avoir
grand nombre d'animaux qui servent aux usages des hommes et apporte au contraire, l
la mort à ceux qui leur sont nuisibles. En l'air, il donne une bonne température, saine,
venteuse, humide et qui nourrit les choses qui naissent de la terre. En mer, il aide
au cours des navires ; il donne un accroissement médiocre aux fleuves. Et sur terre
il apporte abondance de fruits et d'autres choses semblables.
Mars rencontré seul dominant, est en général cause de corruption par sécheresse.
En particulier quand les évènements appartiennent aux hommes, il suscite les guerres,
les séditions domestiques, les captivités, les sièges des villes, les troubles populaires,
les colères des princes, et résultant de ces choses, les morts non prévues. On lui donne
aussi les fièvres tierces, les crachements de sang, les maladies aiguës, les morts
violentes des jeunes gens, les violences, affronts, brûlures, homicides, ravissements
et voleries. En l'air il cause des ardeurs, des vents chauds, pestiférés et pourrissants,
des coups de foudres, des tourbillons et des sécheresses. En mer, des naufrages soudains,
à l'aide des vents courroucés, et des foudres ou des choses semblables. Il cause l'étiage
des rivières, il dessèche les fontaines et en corrompt la pureté. Il diminue les blés
et les choses qui naissent de la terre et les gâte, soit à raison des chaleurs avant
qu'elles soient sorties dehors ou par embrasements lorsqu'elles sont nées.
Quand Vénus domine seule, en général elle fait des choses semblables à Jupiter,
mais avec une certaine grâce. En particulier elle donne aux hommes la gloire, les honneurs,
la loi, une longue vie, des mariages paisibles, quantités d'enfants, faveur
dans les amitiés et compagnies, accroissement de biens, netteté dans le vivre, courtoisie,
révérence en ce qui concerne la religion ; en plus un bon état de corps et amitié familière
avec les princes. En l'air elle fait des vents tempérés, des constitutions humides
et fécondes, une bonne saison et un temps serein, des pluies fertiles. Elle suscite
des navigations heureuses et qui apportent du profit, des débordements de fleuves.
Abondance des animaux utiles aux usages de l'homme, foison de fruits de la terre
et abondance de toutes sortes de commodités.
Lorsque Mercure domine seul, il s'accommode en général de la nature de l'étoile
avec laquelle il se trouve joint ; mais il est surtout turbulent. Dans les affaires
humaines, il marque la promptitude, l'industrie et la finesse dans les choses
qu'il convient de traiter. Il porte à dresser des embûches dans les larcins, voleries
et fait les pirates, s'il est joint aux maléfiques, et les difficultés de respirer ;
il est auteur de maladies sèches et de fièvres quotidiennes, de toux, de crachements
de sang et de phtisies. Il cause les changements dans les cérémonies, religions, revenus
des rois, dans les ordonnances et dans les lois, selon la nature de la planète
avec laquelle il se trouve. En l'air — vu qu'il est sec et prompt et qu'il fait
son tour proche du Soleil — il excite les vents extraordinaires qui arrivent
et qui changent soudain, des tonnerres, des foudres, des ouvertures et tremblements
de terre, et des éclairs ; pour ces raisons quelquefois il apporte la mort aux animaux
et aux plantes. Occidental, il diminue les fleuves et les augmente lorsqu'il est oriental.
Telle est donc en soi la nature de chacune des planètes ; mais étant mêlés aux autres
selon la diversité des aspects, des signes et de leur position à l'égard du Soleil,
elles changent conformément leurs effets, et il résulte du mélange de leurs natures
des qualités diverses. Or comme il est impossible de décrire les qualités de tous
les mélanges et de rapporter toutes les configurations, desquelles la diversité est
si grande, la considération de chacune sera laissée à l'adresse d'esprit et à la prudence
du mathématicien.
Mais nous observerons diligemment quelle affinité et sympathie les planètes qui dominent
à un événement ont avec ces régions ou villes sur lesquelles cet événement doit tomber.
En effet les planètes bienfaisantes et qui par quelque alliance sont jointes aux lieux
affectés — si elles ne sont point surmontées par d'autres planètes de condition
contraire — par la bonté de leurs natures achèvent ce qu'elles promettent
avec plus d'efficacité et de pouvoir. Mais n'ayant point de sympathie avec ces lieux,
ou étant surmontées par des astres contraires, elles sont beaucoup moins utiles.
De la même manière les planètes malfaisantes ayant la domination portent moins de dommages
si elles s'accordent avec les lieux menacés et si elles succombent aux planètes qui sont
d'une secte contraire. Mais si ces mêmes planètes malfaisantes, ni ne commandent
aux régions, ni ne sont empêchées par les autres qui ont quelque droit et domination
sur les régions sujettes aux évènements signifiés, alors elles lancent avec plus de force
le venin de leur mauvaise constitution. Or pour la plupart, ces hommes sont les premiers
attaqués par les maux universels, en la naissance desquels les lieux principaux
— à savoir les luminaires et puis les angles — sont les mêmes que ceux
d'où procèdent les causes des événements universels ; c'est-à-dire que l'éclipse s'y fasse
ou que ces lieux soient opposés à celui de l'éclipse. Parmi ceux-ci, les positions
les plus dangereuses et inévitables, sont celles en qui l'un ou l'autre des luminaires est
en possession du même degré du lieu de l'éclipse, ou bien du degré opposé.