Après la générale considération des évènements, dont les contrées et les villes
sont menacées, il faut ensuite mettre en avant une certaine recherche plus subtile
des choses qui doivent arriver en chaque temps de l'année. Et pour en traiter il convient
de décider de la question de la nouvelle lune de l'an. Que donc ce commencement doive être
pris — en chaque tour du Soleil — du retour au lieu d'où il était parti,
la chose même l'enseigne, tant par l'effet lui-même que par le nom. Mais quel commencement
dans le cercle peut-on absolument établir ? Il semble que la raison n'en puisse pas
tout à fait donner la connaissance. En ce cercle assurément qui passe par le milieu
des signes, on peut probablement prendre pour commencement les points marqués
par l'équinoxial et les deux colures, c'est-à-dire les deux équinoxes et les deux tropiques.
Mais derechef quelqu'un pourrait encore être en doute duquel de ces points, comme premier
et commencement, il est nécessaire de se servir. Et véritablement si l'on considère
la propriété de la nature simple et circulaire, aucun d'eux ne sera choisi
comme commencement de ce cercle entier. Ceux toutefois qui ont écrit sur ce sujet se sont
servis de l'un de ces quatre points, l'un de l'un, l'autre de l'autre, selon que
pour établir ceci ou cela, chacun a été conduit par la raison ou par sa propre fantaisie.
En effet chacun de ces points a quelque excellent argument pour faire qu'à bon droit
il s'attribue avec raison le commencement et le renouvellement de l'an. L'équinoxe
de printemps peut être préféré parce qu'alors les espaces du jour commencent à surpasser
ceux des nuits, et qu'il est le temps de l'affluence des humidités, et comme nous l'avons
dit, la puissance de l'humidité règne principalement aux commencements de la naissance.
Le solstice d'été, lui, amène le plus long jour et chez les Égyptiens apporte l'inondation
du Nil et avertit du lever solaire du Chien. En l'équinoxe de l'automne tombe le temps
de cueillir et de resserrer les fruits et les semences y sont comme de nouveau données
en garde à la terre. Le solstice d'hiver commence à augmenter et allonger de nouveau
les jours qui avant avaient été raccourcis. Mais il me semble plus convenable
et plus naturel de prendre les quatre commencements pour juger des évènements de l'année,
observant les conjonctions et oppositions du Soleil et de la Lune — qui les ont
prochainement précédés — et principalement la conjonction, si l'un ou l'autre
des luminaires s'est éclipsé, et ainsi l'on pourra donner son jugement de l'état
du printemps par le commencement du Bélier, de l'été par celui du Cancer, de l'automne
par celui de la Balance et de l'hiver par celui du Capricorne. En effet le Soleil engendre
véritablement ces mêmes constitutions universelles des temps et enseigne ces moyens,
d'où même ceux qui sont tout à fait ignorants des Mathématiques prévoient les choses
futures.
Il faut aussi se servir des propriétés des signes pour la connaissance des significations
des vents et des générales qualités. Quant aux changements qui arriveront particulièrement
en ces mêmes temps, les conjonctions des luminaires qui se feront proches des points
susdits et les configurations des planètes avec lesdits luminaires en montrent
les augmentations et les diminutions ; mais particulièrement les rencontres des mêmes
luminaires en chaque signe et les pleines lunes, comme aussi les passages des planètes ;
laquelle considération, il sera permis d'appeler mensuelle.