Pour prévoir les évènements particuliers, il est encore fort utile de remarquer
les signes qui paraissent auprès du Soleil, de la Lune et des astres.
Nous considérerons donc le Soleil levant pour la conjecture du temps qu'il fera pendant
le jour ; le couchant pour celui qu'il fera pendant la nuit ; et pour une plus longue durée,
nous consulterons sa configuration avec la Lune ; car chacun de leurs aspects a coutume
d'enseigner quelle doit être la constitution du temps, jusqu'à ce qu'il en survienne
un autre. Si donc le Soleil se lève ou se couche en ayant une lumière pure,
en étant dépourvu de brouillard, de diversité de couleurs, et de nuages, il promet un temps
serein. Si au contraire, il sort de l'eau ou se retire en ayant son orbe ou bigarrée,
ou de couleur de feu, ou semblant darder des rayons rouges soit étendus droits,
soit réfléchis vers lui-même, ou s'il forme d'un côté contre les nuées qui lui sont
soumises ce que nous appelons ses parhélies, ou donne une teinture jaunâtre et étend
de longs rayons sur presque toutes les nuées, il signifie des vents impétueux, qui doivent
partir avec violence de cet angle, vers la partie duquel ces choses on été vues.
En son lever ou coucher, s'il se fait voir noir, ou blafard, ou enseveli de nuages,
ou couronné d'un cercle d'un côté, ou de l'une ou de l'autre part ses parhélies,
ou qu'il jette çà et là des rayons aucunement pâles ou noirs, il menace de froid
ou de pluies.
Nous observerons aussi la Lune en sa course trois jours avant ou trois jours après
la nouvelle lune, pleine lune et les quartiers, parce qu'en ce temps, si sa lumière paraît
subtile et nette, et que rien ne l'environne, elle promet que le temps doit être serein.
Si sa lumière est subtile et qu'elle rougisse et que toutes ses parties sont vues
clairement, même de cette partie où elle est dépourvue de lumière, elle excitera des vents
qui doivent naître du côté vers lequel elle décline. Paraissant noire ou brouillée, ou pâle,
elle menace de froid et de pluies.
Il faut considérer aussi les cercles qui environnent quelquefois la Lune. En effet
s'il n'y en a qu'un, et qu'il est clair, et que petit à petit il vienne à défaillir,
il promet un temps serein ; si deux ou trois, il signifie des froidures. Si ces cercles
sont rougeâtres et comme rompus, ils signifient que ces mêmes froidures s'en doivent aller
avec des vents impétueux et violents ; si brouillés et épais, avec des neiges ; si blafards,
noirs et rompus, avec les unes et les autres. Enfin, plus il se rencontre de ces cercles,
plus ils présagent que les froidures doivent être grandes. Les cercles qui environnent
les planètes et les plus illustres étoiles, montrent par leur couleur les choses
qu'elles signifient, selon ce qu'enseigne la nature des planètes.
Quant aux étoiles fixes qui sont en quelque nombre rapprochées les unes des autres,
nous observerons leur grandeur parce que si elles paraissent plus claires et plus grandes
que l'ordinaire en quelque partie du ciel qu'elles puissent être, elles signifient
que les vents souffleront de ce côté-là. De plus nous considérerons les tours nébuleux
comme en la Crèche et ailleurs ; si en temps serein ils paraissent déliés, échappent
à la vue, ou semblent épais, ils présagent des gelées ; mais s'ils sont clairs
et sans cesse étincelants, ils signifient des vents impétueux. Si des deux étoiles qui sont
vues d'une part et d'autre de la Crèche — remarquées sous le nom des Anons —
celle qui est septentrionale ne paraît pas, l'Aquilon soufflera ; mais si l'autre qui est
australe se cache, nous sentirons les haleines du vent de Midi.
Davantage, entre les choses qui en certains temps se montrent au ciel et qu'on appelle
prodiges, ces astres chevelus prédisent toujours des sécheresses et des vents ; et ceux-ci
d'autant plus impétueux qu'ils s'étendront en plusieurs parts et que leurs corps seront
plus grands.
Si les étoiles filantes partent d'un angle, elles annoncent qu'aussitôt après les vents
suivront et viendront de cette même partie ; si ces étoiles courent les unes contre
les autres, elles provoquent des combats, mais si elles sortent des quatre angles,
elles apportent des froidures diverses, des foudres, des éclairs et autres choses de même
façon.
Les nuées — en quelque part que ce soit — qui sont vues semblables à des flocons de laine,
montrent que des froidures doivent suivre.
Les arcs-en-ciel aussi, en quelque temps qu'ils se rencontrent, si le ciel est serein,
promettent des froidures ; s'il fait froid, ils promettent le beau temps.
Mais afin de conclure, il faut savoir que les choses qui sont généralement vues en l'air
en certains temps, présagent les mêmes effets qui sont ci-devant expliqués en chacun
de leurs accidents.
Jusqu'ici il m'a semblé à propos de discourir succinctement de la considération générale
des choses universelles et des signes particuliers. Ce qui reste, les jugements
des nativités, nous continuerons de l'enseigner comme l'ordre le désire.