Vu que le commencement chronologique des nativités humaines est naturellement
le moment même de la conception, mais en puissance et accidentellement le moment
de la naissance, au cas où le temps de la conception est connu, soit par hasard,
soit par observation, il est plus à propos de considérer la position où les astres étaient
alors, pour juger des particulières conditions du corps et de l'âme. En effet
après qu'en ce commencement, la semence a reçu quelque tempérament par l'impression du Ciel
qui environne, encore que peu à peu, lorsque le corps se forme, il se fasse des altérations,
néanmoins parce que cette semence, en l'accroissement, s'adjoint une nourriture convenable
à ce Ciel, l'unit à soi naturellement et l'accommode à son tempérament, elle retient
toujours la ressemblance de cette première impression.
Mais si ce temps est ignoré, comme le plus souvent il arrive, on prendra le commencement,
de la sortie du ventre de la mère. En effet ce temps aussi est très important et diffère
seulement de l'autre par cette seule raison que, la conception étant remarquée, les choses
qui précèdent l'enfantement peuvent être prédites. La conception peut bien certes être
quelque commencement mais la sortie du ventre est le premier commencement de vie,
postérieur en temps, mais égal en puissance et plus excellent. La conception peut être
comme appelée la génération de la semence et la sortie de l'enfant la génération de l'homme.
Car alors le fruit acquiert beaucoup de choses qu'auparavant il n'avait pas dans le ventre
de sa mère et qui sont véritablement propres à la nature de l'homme, comme les actions
des sens, et les mouvements du corps ; et bien qu'en l'enfantement la position du Ciel
ne semble donner aucun principe à la nature, elle porte toutefois à ce que le fruit sorte
au jour, après que par une convenable action du Ciel il ait reçu la maturité nécessaire.
En effet après que le fruit soit parfait, la nature le meut, afin qu'il sorte du ventre,
en vue d'une telle position du Ciel qui réponde à cette constitution première où il était
au temps de la conception. C'est pourquoi la position du Ciel, en l'enfantement, sera
justement estimée signifier telles choses, non pas parce qu'elle donne une telle nature,
mais que, par une certaine nécessité naturelle, elle convient avec la conception
et qu'elle l'égale en puissance.
Vu que j'ai donc délibéré de continuer succinctement cette partie en suivant le même ordre
que j'ai tenu jusqu'ici, c'est-à-dire en commençant à traiter jusqu'où la prédiction
est possible, nous fuirons la vieille méthode qui donne les mélanges des astres,
parce que cette raison est confuse et presque infinie, si on les examine tous
et qu'elle appartient plutôt aux conjectures des choses particulières qu'aux préceptes
généraux. Comme donc cette recherche est plus difficile qu'utile, il s'en faudra déporter.
Mais je donnerai les préceptes généraux, desquels la conjecture des choses
particulières se pourra prendre, et déclarerai, du mieux qu'il me sera possible,
les causes qui plus manifestement produisent les effets, les ajustant et appropriant
toujours aux raisons physiques. Je proposerai le lieu du Ciel, auquel les évènements
humains sont considérés comme un but où tendent les qualités efficientes ; et ce,
principalement suivant la sympathie où il se trouve avec les corps célestes qui seront
comme les flèches. Du reste, quel jugement il faut faire lorsque les natures de plusieurs
astres se mêlent ensemble, nous le laissons à la prudence de l'artisan, comme nous ferions
à celle d'un archer fort expert. Mais premièrement comme l'ordre le veut, je parlerai
des choses universelles qui doivent se considérer dans le principe qui se tire
de l'enfantement, puisque, comme nous l'avons dit, on peut par ce temps connaître
toutes les choses qui ont des causes naturelles. Or si quelqu'un se plaît
en une plus curieuse recherche, il pourra par le moyen du temps de la conception, arriver
à la connaissance des qualités du tempérament, si comme en une nativité, il considère
l'état du Ciel en cette même conception.