Ces choses étant posées, si quelqu'un divise par ordre la doctrine universelle
des nativités, il trouvera qu'il y a des préceptes données, touchant les accidents
qui arrivent naturellement et qui peuvent se prévoir, soit de ceux qui précèdent
la nativité, comme des pères et des mères ; soit de ceux qui la précèdent et qui la suivent,
comme des frères ; soit de ceux qui arrivent dans la naissance même, desquels la raison
est diverse et composée ; ou de ceux qui doivent suivre la naissance dont la raison
est encore plus diverse. En celles qui sont signifiées en l'enfantement, on s'enquiert
de savoir si c'est un mâle ou une femelle ; si ce sont des jumeaux ou plusieurs enfants ;
si le fruit est monstrueux ou s'il est durable. Après, touchant les choses qui doivent
suivre la nativité, on s'informe de l'espace et de la durée de la vie, car cette question
sera distinguée de la précédente à savoir si le fruit nouvellement né peut se nourrir.
Ensuite on s'informe de la forme du corps, des maladies et des blessures qui surviennent ;
des qualités de l'âme, de ses maladies ; des richesses, des charges et honneurs,
de la profession de ses actions ; du mariage, des enfants, des amitiés et inimitiés,
des serviteurs, des voyages ; du genre de la mort qui est la dernière question voisine
de la précédente, qui traite de la durée de la vie ; mais qui, à cause de l'ordre,
a coutume de se traiter après toutes les autres questions. Je parlerai succinctement
de ces choses en faisant voir à découvert les causes simples dont ces effets sont produits,
renvoyant donc bien loin les choses qui n'ont pas une cause physique et que plusieurs
toutefois ne laissent d'éplucher curieusement et au-delà de ce qui est enseigné
par la science ; et je n'y appellerai point des divinations qui sans raison se tirent
du hasard et des nombres, mais je donnerai des règles sur la position où se trouveront
les astres et sur les propriétés des lieux, lesquelles ont une certitude expérimentée ;
et les préceptes en seront universels. C'est pourquoi si quelqu'un veut avoir connaissance
de quelque chose de particulier, il n'a qu'à recourir aux mêmes préceptes.
Tout d'abord il faut chercher le degré du Zodiaque qui signifie la chose que l'on désire
savoir ; par exemple, si l'on s'enquiert de l'action il faut consulter le Milieu du Ciel ;
si l'on s'enquiert du père il faut regarder le lieu du Soleil. Après il faut voir
quelle planète est plus puissante en ce lieu suivant les cinq prérogatives, par lesquelles
on connaît leur domination ; et si une planète a toutes les prérogatives, on doit lui donner
le commandement ; si plusieurs y concourent il faut préférer celle qui en a davantage.
Il faut ensuite, pour juger de la qualité de la chose, considérer les natures des planètes
dominantes, et les natures des signes, où tant eux que les principaux lieux,
se rencontrent. Pour la grandeur des évènements il faut regarder si ces planètes dominantes
sont puissantes tant suivant la position du monde que suivant celle qu'elles ont
en la figure de la naissance. Elles sont en effet plus puissantes à raison de la position
qu'elles ont dans le monde lorsqu'elles sont en leurs propres signes et en leurs propres
lieux et quand elles sont orientales et rapides en leur mouvement. En outre
en ce qui concerne la naissance, elles prévalent lorsqu'elles passent dans les angles
ou dans les maisons succédantes, notamment dans les lieux principaux, je veux dire
l'Ascendant et le Milieu du Ciel. Ces mêmes planètes sont plus faibles à cause
de leur position dans le monde quand elles sont en lieux étrangers et où elles n'ont point
d'affinités et lorsqu'elles sont occidentales et diminuées de mouvement. Elles sont encore
plus faibles en raison de la position en la naissance lorsqu'elles se trouvent aux lieux
qui tombent des angles.
Enfin pour juger le temps des évènements qu'on considère, si elles sont vespérales
ou matutinales, tant au respect du Soleil que de l'Ascendant — parce que les quartes
qui précèdent le Soleil et l'Ascendant et celles qui vis-à-vis sont opposées, sont
orientales et les autres qui suivent ou sont opposées à celles qui suivent, sont
occidentales. On doit aussi observer si elles sont dans les angles ou dans les maisons
succédantes, car lorsqu'elles sont orientales ou dans les angles, elles ont des
commencements plus prompts ; mais quand elles sont occidentales, ou dans les maisons
succédantes, leurs effets se montrent plus tardifs.