L'excellence de quelque lieu que ce soit, laquelle il faut toujours éplucher
dans la considération particulière, se reconnaît en la force que je viens de dire.
Mais maintenant nous commencerons par le premier chapitre suivant l'ordre que nous avons
institué, à savoir par les parents.
Le Soleil et Saturne conviennent naturellement au père ; à la mère, la Lune et Vénus.
La condition de ces planètes entre elles-mêmes, et envers les autres, signifie
les accidents des parents. Et leur bonheur et leurs richesses se jugent par des Gardes
qui environnent les luminaires ; en effet l'illustre et éclatante fortune se remarque
quand les planètes bénéfiques, qui sont de même condition, environnent les luminaires,
soit qu'elles soient en mêmes signes, ou autres signes prochains ; et principalement,
quand proches du Soleil elles sont orientales, proches de la Lune occidentales
et qu'elles sont bien affectées.
Or quand Saturne et Vénus sont orientaux et en leur face, ou qu'ils sont en l'angle,
ils signifient une félicité manifeste, tant au père qu'à la mère, suivant la condition
particulière de chacun d'eux.
Mais si les luminaires sont seuls en leurs cours et n'ont point de Gardes, ils signifient
que les parents vivront dans la bassesse et sans estime, et principalement lorsque Vénus
et Saturne sont infortunément placés.
Mais s'ils ont des satellites, encore qu'ils ne soient pas de leur condition, comme
lorsque Mars monte après le Soleil, ou Saturne après la Lune, ou si les planètes bénéfiques
et qui sont de même condition ne sont bien disposées, ce sera signe que la vie des parents
sera misérable, sans éclat, et sujette à divers inconvénients.
Mais si la part de Fortune — dont je parlerai ci-après — a quelque rapport
avec ces planètes bénéfiques, qui servent de satellites au Soleil ou à la Lune, il fera
que les enfants recueilleront tout entier leur patrimoine. Autrement, s'il ne convient pas
avec celles-ci, ou s'il y contrarie, ou s'il n'y a point de satellites, ou qu'ils soient
maléfiques, le patrimoine des parents ne leur tournera point à utilité, ou plutôt
il leur sera dommageable.
Quant à l'âge des parents il en faut faire jugement selon la position des planètes.
Dans le cas du père, lorsque Jupiter ou Vénus regardent d'un bon aspect le Soleil
ou Saturne, ou que Saturne regarde heureusement le Soleil, soit qu'il soit conjugué
par conjonction et par sextil, ou par trine, ni l'un ni l'autre ne tombant en lieux
malheureux, cela signifie une longue vie pour le père ; autrement s'ils sont débiles
et tombant en lieux infortunés, le père ne doit pas du tout mourir promptement. Mais
si cela n'arrive pas et que Mars soit encore élevé sur le Soleil ou sur Saturne,
ou qu'il monte après eux, ou que Saturne ne s'accorde pas avec le Soleil mais lui soit
opposé ou le regarde de carré, et qu'ils soient en lieu qui tombât des angles, ils dénotent
une vie faible au père ; mais s'ils sont dans les angles ou dans les maisons succédantes,
ils signifient que le père sera de courte vie, ou incessamment tourmenté de maladies.
S'ils sont aux premiers angles, à savoir l'Orient et le Milieu du Ciel, et aux signes
qui leur succèdent, ils vivront peu. En effet Mars regardant le Soleil en la façon susdite,
signifie une prompte mort au père, ou lui offense les yeux. Mais lorsqu'il regarde Saturne,
il dénote sa mort, ou qu'il doit tomber dans des fièvres pourrissantes, ou recevoir dommage
par plaies et par brûlures. Mais quand Saturne envoie un mauvais aspect au Soleil,
il présage la mort au père, par maladies qui sont causées par l'amas de mauvaises humeurs.
Quant à la mère, si Jupiter en quelque façon que ce soit, regarde la Lune ou Vénus
ou que Vénus regarde la Lune de sextil ou de trine aspect, ou qu'elle lui soit conjointe
en lieux bienheureux; cela signifie que la mère sera de longue vie. Mais si Mars regarde
ou la Lune ou Vénus, en lui succédant ou bien par un aspect carré, ou par opposition,
ou que Saturne regarde la Lune seule de cette même sorte, étant tous deux diminués
de mouvement, ou en maison qui tombent des angles, ils désignent que la mère tombera
seulement dans des maladies et des langueurs. Mais augmentant leur mouvement,
ou bien situés dans les angles, ils signifient que la vie de la mère sera de peu de durée,
ou qu'elle sera sujette à l'épilepsie ; sa vie sera de peu de durée quand ces planètes
seront en l'Orient, ou aux maisons succédantes ; mais elles sera sujette à l'épilepsie
quand elles se trouveront en l'Occident. En effet, Mars regardant de cette sorte la Lune
placée en l'Orient, signifie la mort subite de la mère et des accidents en leurs yeux.
Mais s'il regarde ainsi la Lune en l'Occident, il dénote sa mort par choses semblables
et des accidents par coupures et brûlures. Lorsqu'il regarde ainsi Vénus, il signifie
des fièvres mortelles, des maux obscurs et mystérieux, des éblouissements et des flux
soudains. D'autre part quand Saturne regarde ainsi la Lune, il lui présage mort
et maladies : mort par fièvres dangereuses et pourries lorsque la Lune est en Orient ;
lorsqu'elle est en Occident, des maladies au ventre et des flux de sang.
Pour les prédictions des maladies de chacun d'eux, il faut aussi prendre la qualité
des signes où sont les planètes qui sont auteurs des maladies. Ce qui peut commodément
se rechercher en leur nativité particulière. Outre cela, de jour nous observerons davantage
le Soleil et Vénus, de nuit Saturne et la Lune.
Mais le reste consiste en une recherche particulière, comme : que le propre significateur
de la mère ou du père soit pris et posé dans la pointe de l'horoscope
ainsi qu'en une naissance, et que sur cela soient tirées toutes les autres maisons célestes
et les principales significations. Du reste ici et ailleurs, il faut toujours avoir égard
à la mixtion des planètes. S'il y en a plusieurs et de diverse nature au lieu qui signifie,
il faut examiner la puissance de celui qui a plusieurs prérogatives ; ou si les prérogatives
sont égales, nous raisonnerons convenablement selon la mixtion de leurs qualités.
Et si elles sont éloignées de ce lieu, attribuons à chacune d'elles les évènements
de certains temps. Les premiers évènements aux matutinales ; les plus tardifs
aux vespérales. Mais pour ce faire, il faut dès le commencement, qu'avec les planètes
qui dominent au lieu de la question, conviennent les autres qui ont aussi la principale
puissance et que celles qui du commencement ne conviendront pas avec ce lieu n'y aient
aucun pouvoir. Cependant en quel temps l'évènement doit arriver, nous ne le saurons pas
de la seule planète dominante, mais aussi de sa position à l'égard du Soleil et des angles.