Entre les choses qui se considèrent en l'enfantement même, il reste à examiner,
si l'enfant pourra être nourri ou non ; mais il faut ici faire une distinction,
car quelquefois cette question appartient à celle de la durée de la vie,
parce que ce que nous demandons s'accorde avec l'une et avec l'autre ; mais quelquefois
aussi elle en est séparée, parce que les espaces en sont différents. En effet
lorsqu'on parle de la durée de la vie des enfants, on entend de ceux que nous estimons
devoir vivre un temps sensible ; c'est-à-dire par un tour entier du soleil dont le temps
est un an ; le temps de ceux qui sont plus faibles sont les mois, les jours et les heures.
Quant à la doctrine de ceux auxquels la nourriture ne profite pas, elle concerne l'enfant
qui ne parvient pas à ce temps, mais qui, par l'excès d'une mauvaise constitution, meurt
aussitôt qu'il est né. Pour cette raison la considération de la première question est plus
subtile, tandis que celle-ci est plus simple. En effet si un luminaire est en l'angle
et qu'une des planètes maléfiques est en conjonction avec lui, ou en opposition, à la fois
en degrés et selon une figure à côtés égaux, tandis qu'il ne survient point d'aspect
d'une planète bénéfique, et si le seigneur des luminaires est aux lieux des maléfiques,
l'enfant ne pourra pas être nourri mais mourra tout aussitôt. Mais si ceci survient sans
la figure à côtés égaux, et qu'aux luminaires succèdent les rayons des planètes maléfiques
et que toutes les deux blessent l'un des luminaires, ou tous les deux, soit par succession,
soit par opposition partielle, ou que par tour l'une ou l'autre planète maléfique blesse
l'un ou l'autre luminaire, ou encore si l'une des maléfiques est opposée et que l'autre
succède, alors l'enfant ne pourra pas être nourri, parce que le nombre des afflictions
empêche tout ce qui est favorable à la durée de la vie, en raison de la distance
de la planète maléfique à travers sa succession. Principalement Mars offense le Soleil
lorsqu'il lui succède, et Saturne la Lune ; mais inversement, en opposition ou en position
supérieure, Saturne offense le Soleil, et Mars la Lune, surtout s'ils occupent les lieux
des luminaires ou du seigneur de l'Ascendant. Mais s'il s'y trouve deux oppositions,
les luminaires étant dans les angles et les planètes maléfiques formant une figure qui ait
les côtés égaux, les enfant naissent ou morts ou à demi vifs. En cette disposition,
lorsque les luminaires défluent de quelque conjonction des planètes bénéfiques,
ou qu'autrement ils leur soient heureusement configurés, en sorte qu'ils envoient
leurs rayons aux degrés qui les précèdent, l'enfant vivra tout autant de temps que désigne
le nombre des degrés qui sont entre le prorogateur et la prochaine planète maléfique,
à savoir, autant de mois, de jours ou d'heures, selon la condition et les forces des causes
nuisantes. Mais quand les planètes maléfiques jettent leurs rayons aux degrés qui précèdent
les luminaires et les planètes bénéfiques aux degrés qui les suivent, l'enfant
se fortifiera et vivra. De nouveau, lorsque les planètes maléfiques sont élevées
sur les bénéfiques, elles sont témoignage de malheur et d'assujettissement.
Et si les bénéfiques prédominent, l'enfant vivra, mais nourri sous d'autres parents
que ses père et mère. En cette même position, lorsque quelque planète bénéfique se lève
ou a quelque application avec la Lune, tandis qu'une planète maléfique est en l'Occident,
l'enfant sera nourri par ses propres parents.
De la même manière, on jugera si plusieurs enfants naissent ensemble. Mais si l'une
des planètes, qui deux par deux ou en groupes plus importants, sont en aspect
avec la géniture, est au couchant, le fruit naîtra demi-vivant, ou ce sera une chair
sans forme, et qui n'aura pas la maturité convenable. Et quand les planètes maléfiques
seront élevées au-dessus d'elles, le fruit ne pourra se nourrir ni vivre, étant infortuné
par les causes susdites.