Vu que la doctrine des vices et des maladies du corps doit suivre, nous joindrons
à ce que dessus, la considération qui est établie sur ce sujet. L'on tient pour règle
universelle qu'il faut prendre garde aux deux angles de l'horizon, à savoir l'Orient
et l'Occident. Mais principalement qu'on considère l'Occident lui-même et le lieu précédent
qui est disjoint de l'angle oriental. Qu'on observe aussi comment les planètes maléfiques
regardent ces lieux. Si en effet elles sont jointes par corps aux degrés qui se trouvent
en ces lieux prédits, ou qu'elles les regardent d'un aspect carré ou opposé, soit l'une
des deux planètes maléfiques, soit l'une et l'autre, il arrivera des vices et des maladies
à ceux qui sont ainsi nés. Principalement si l'un ou l'autre luminaire, ou tous les deux
sont dans les angles joints aux maléfiques, ou s'ils leur sont opposés. Alors, en effet,
soit qu'après le luminaire il monte une planète maléfique, soit qu'elle le précède
en l'angle, elle peut apporter une maladie telle que celle qu'on peut juger
par la considération de l'horizon, des signes, de la nature des planètes maléfiques
et de ce qui les regarde. Car le degré, de quelque signe que ce soit, étant infortuné
dans l'horizon, menacera la partie du corps auquel il préside et montrera par quel vice
ou quelle maladie, ou si par l'un et par l'autre ce membre peut être affligé.
Mais les causes et les espèces des vices, ou des maladies, les planètes le montreront.
Saturne domine principalement en effet à l'oreille droite, à la vessie, à la rate,
à la pituite et aux os. Jupiter : au toucher, aux poumons, aux artères et à la semence.
Mars : à l'oreille gauche, aux reins, aux veines et aux parties génitales. Le Soleil :
aux yeux, au cerveau, au cœur, aux nerfs et en général à toute la partie droite. Vénus :
à l'odorat, au foie, à la chair. Mercure : au discours, à l'entendement, à la langue,
à la bile et au siège. La Lune : au goût, à la gorge, à l'estomac, au ventre, à la matrice,
et universellement à toutes les parties senestres.
Or les vices, généralement, arrivent pour la plupart alors que les planètes maléfiques
qui les causent sont orientales. Les maladies au contraire lorsque les causes
sont occidentales. En effet ces choses diffèrent entre elles. Le vice gâte une fois
quelque membre, mais il n'apporte pas ensuite une augmentation de tourment,
tandis que la maladie, continuellement ou bien par intervalles, tourmente ceux qui en sont
affligés.
Mais pour venir à une plus exacte conjecture des évènements, on observera
quelques aphorismes remarqués en des accidents fréquents qui ont tiré leur source
d'une semblable position des astres. La perte de l'un ou de l'autre œil arrive
lorsqu'en naissant, la Lune est seule en l'un ou l'autre des angles prédits
ou en conjonction ou en opposition avec le Soleil ; ou quand elle est en l'un ou l'autre
de ces deux angles, regardant le Soleil par quelque aspect et quand elle est soit conjointe
à quelqu'une des étoiles nébuleuses du Zodiaque comme avec le Cancer ou avec les Pléiades,
ou avec la pointe de la flèche du Sagittaire ou avec le bout piquant de la queue
du Scorpion, ou avec la chevelure de Bérénice au-dessus du Lion ou avec la cruche
du Verseau ; et de plus lorsqu'à la Lune placée en l'angle, Mars ou Saturne succèdent
ou quand en la pointe des angles ils sont matutinaux et se lèvent ou couchent
avant le Soleil ; mais quand ils ont affinité avec l'un et l'autre luminaire,
soit qu'en même signe, ou en opposé, ils se lèvent avant le Soleil et après la Lune,
ils causent la perte des deux yeux.
Mars, joint à Mercure, par coup, ou par choc, ou par fer, ou par brûlure nuit
dans les palestres, dans les gymnases ou dans les embuscades des larrons ; mais Saturne,
par fluxions, ou par froid, ou par taie ou autres choses semblables. Derechef, quand Vénus
est dans les angles susdits jointe à Saturne, ou le regardant, ou changeant avec lui
de maison et que Mars est élevé sur elle, ou qu'il lui est opposé, les hommes se rencontrent
stériles et les femmes sujettes à des avortements, ou leurs fruits sortiront sans être mûrs,
ou elles seront en péril en les leur arrachant du ventre, principalement au Cancer,
à la Vierge et au Capricorne. Si la Lune en l'ascendant applique à Mars et si elle est
configurée à Mercure comme l'est Saturne, et que Mars est aussi élevé sur elle, ou lui est
opposé, il en naîtra des eunuques, des hermaphrodites ou ceux desquels sont bouchés
les conduits des parties naturelles.
Ces choses étant ainsi, lorsque le Soleil est aussi configuré, et que les luminaires
et Vénus sont en signes masculins, que la Lune est en Occident, et que les prochains degrés
suivant les planètes maléfiques montent à elle, les hommes naissent impuissants, et sont
sujets à plusieurs vices et blessures aux parties naturelles, surtout si Vénus est
au Bélier ou bien au Verseau. Quant aux femmes, elles seront stériles et quelquefois
ceux qui naissent de la sorte ne sont point encore exempts de divers accidents aux yeux.
Ceux-là auront la langue empêchée, ou bien seront muets, auxquels dans les angles Saturne
et Mercure seront joints avec le Soleil ; principalement si Mercure est occidental
et que tous deux regardent la Lune. Mais Mars y étant joint, la plupart du temps il ôte
ces empêchements et vient à délier la langue.
De plus si les luminaires succèdent aux planètes maléfiques tenant les angles,
ou que les maléfiques soient opposées aux luminaires surtout si la Lune est dans les nœuds
ou plis et dans les signes difformes, comme du Bélier, du Taureau, du Cancer, du Scorpion,
du Capricorne, cela fait des bossus, mutilés, boiteux ou paralytiques ; et si les planètes
maléfiques sont avec les luminaires, elles apportent ces désordres en naissant.
Mais si les planètes maléfiques sont au Milieu du Ciel, élevées sur les luminaires
et qu'elles sont opposées, il leur arrivera de grandes blessures par chutes de lieux
éminents, à cause des voleurs ou bêtes sauvages. Si c'est Mars qui est ainsi élevé,
des blessures par feu, ou des plaies dans les querelles, ou parmi les larrons.
Si c'est Saturne, par des chutes, par des naufrages, ou par des efforts où les nerfs
pâtissent, ou par paralysies.
Mais pour la plupart les vices surviennent lorsque la Lune est dans les signes tropiques
et équinoxiaux ; elle fait au printemps des taches blanches sur la peau ; en été
des dartres ; en automne une gale écailleuse ; en hiver, les lentilles.