Parce que le discours des principales maladies de l'âme suit en quelque sorte celui
des qualités de l'âme, il est à propos de remarquer et d'observer généralement Mercure
et la Lune, quel regard ils ont entre eux, ou avec les angles, ou avec les astres
maléfiques.
En effet, lorsque Mercure et la Lune ne sont pas liés ensemble, ou quand en l'horizon
oriental, ils sont surmontés et obsédés par des planètes maléfiques, ou que ces maléfiques
leur sont opposées ou placées en mauvais aspect, ils sont cause de beaucoup de maladies
qui arrivent à l'âme. Et la confection des tempéraments se prend des qualités des astres,
selon la nature du lieu où ils se rencontrent.
Certes, les vices médiocres peuvent prendre des prédictes conditions des planètes
et leurs augmentations se considèrent à partir de l'avantage qu'ont les maléfiques
sur les planètes susdites. Car on peut fort à propos appeler vices les excès
ou les défectuosités dans les mœurs qui diffèrent de la commune façon de vivre. Du reste,
les plus remarquables fureurs qui comme maladies perpétuelles, sont attachées à la nature
et blessent à la fois la partie rationnelle et la partie concupiscible peuvent
particulièrement se juger par une telle observation.
Les épileptiques sont, pour la plupart, ceux en la naissance desquels la Lune et Mercure
ne sont point ni liés ensemble, ni avec l'Ascendant, et qui en cette position ont pendant
le jour Saturne et Mars durant la nuit, dominant en l'angle. Ils sont fous furieux,
lorsqu'au contraire Saturne domine de nuit et Mars pendant le jour, principalement
dans le Cancer, en la Vierge et aux Poissons. Ceux-là sont démoniaques et lunatiques,
chez qui les planètes maléfiques regardent la Lune, Saturne lorsqu'elle est sous les rayons,
et Mars lorsqu'elle est opposée au Soleil, principalement au Sagittaire et aux Poissons.
Et quand les seules maléfiques sont placées de la sorte que j'ai dite, et qu'ils dominent,
ils font les maladies incurables, cachées néanmoins, et qui ne semblent point
si prodigieuses en la partie rationnelle de l'âme. Mais si les planètes bénéfiques, Jupiter
ou Vénus, les regardent par quelque familiarité et que les maléfiques sont en l'Occcident
et les bénéfiques en l'Orient, ils rendent et les maux guérissables et moins étranges ;
lorsque Jupiter est favorable, la guérison viendra par remèdes en chassant le mal à l'aide
des médecines ; et lorsque c'est Vénus, elle arrivera par inspiration et par le secours
divin.
Mais lorsqu'au contraire, les planètes maléfiques sont en l'Orient et les bénéfiques
en l'Occident, les maux sont incurables, et à chaque moment divulgués et rendus publics.
En l'épilepsie le mal continuera et avec grand bruit et clameurs et crainte de mort
en ce travail. Dans la fureur ou trouble d'esprit, ceux qui en seront agités ne pourront
se réprimer ; ils chasseront loin d'eux leurs plus familiers amis, se mettront tout nus
et auront en la bouche des blasphèmes et autres choses de la même sorte. À ceux qui seront
possédés par les démons ou lunatiques, il arrivera des inspirations, ils déclareront
les choses secrètes, les meurtres et crimes commis et autres choses dont on tiendra
la révélation miraculeuse. Mais les signes où se rencontrent les planètes susdites donnent
beaucoup de poids en chacune de ces choses. De fait, ceux du Soleil et de Mars contribuent
beaucoup à la folie, ceux de Jupiter et de Mercure au mal caduc, ceux de Vénus
aux inspirations et aux prophéties, ceux de Saturne et de la Lune au trouble des humeurs
et à la démonoplexie.
Ce sont à peu près là les sortes de maladies qui sous une telle position des astres
arrivent en la partie raisonnable ou partie agissante de l'âme. Mais en l'autre
qui est patiente, c'est-à-dire en la concupiscible, on prend garde tant à l'excès
qu'au défaut qui se rencontre dans le genre masculin et féminin. On peut se servir
de la règle précédente en subsituant le Soleil et la Lune au lieu de Mercure,
et en considérant les aspects que Mars et Vénus ont avec eux. Lesquelles choses mises
devant les yeux, si les seuls luminaires sont en signes masculins, les hommes excellent
davantage en leur nature masculine. Et les femmes seront plus robustes et plus capables
d'agir que ne porte leur nature. Si avec cela Mars et Vénus — soit l'un ou l'autre,
ou bien tous les deux — sont placés en lieux masculins, les hommes seront
non seulement fort adonnés aux plaisirs vénériens qui conviennent à la nature
mais ils se jetteront encore dans les adultères, leurs désirs ne pourront se réfréner
et ils seront souvent portés à de sales et illégitimes amours. Quant aux femmes,
elles seront aussi adonnés à des amours contre nature, impudiques et les attraits
de leurs yeux seront entièrement lascifs. De fait une telle position des astres fait que,
Tribades, elles joueront souvent le personnage des hommes. Si Vénus est seule
en lieux masculins ces turpitudes se feront en cachette, et non pas ouvertement.
Mais si Mars est aussi de la partie, elles se commettront publiquement et effrontément,
en telle sorte que souvent elles auront comme pour légitimes femmes des amies avec qui
elles prendront leur plaisir.
En une contraire position si les luminaires sont seulement en lieux féminins,
les femmes seront extrêmement lascives et les hommes, contre leur nature, lâches
et efféminés. Si Vénus est aussi féminine, les femmes seront tout à fait adonnées
à l'amour, adultères, paillardes et n'ayant point honte de se prostituer, de quelque façon,
ni avec qui que ce soit. Les hommes seront lâches, lascifs et enclins à souffrir promptement
les choses qui semblent plus convenables aux femmes, mais cela secrètement et en cachette.
Mais si Mars est aussi féminin, publiquement et effrontément ils se prostitueront
à toutes sortes de débauches, tellement que pour l'énormité de leurs vices ils encourront
la haine et seront sujets à une commune infamie. Il faut aussi remarquer que les positions
orientales et matutinales de Mars et de Vénus les rendent plus mâles et plus éclatantes,
tandis que les occidentales et vespérales produisent une nature plus efféminée et qui peut
plus aisément se refréner ; et que lorsque Saturne se trouve de la partie, l'impudicité est
conjointe avec la saleté et l'infamie, que Jupiter fait les hommes plus modestes,
plus honteux et qui savent mieux se cacher ; enfin que Mercure apporte ordinairement
plus de bruit, rend les choses plus soudaines et en toutes façons plus diverses,
et les établit avec plus de précautions.