L'ordre désire que je vienne à la considération des mariages. Dans la légitime
conjonction de l'homme et de la femme, on tire sa conjecture en cette sorte.
Aux mariages des hommes, il faut examiner la position de la Lune et comment elle est
affectée. Car logée dans les quadrants orientaux ou bien elle les marie étant encore fort
jeunes, ou après un âge mûr leur promet de jeunes filles. Dans les occidentaux, elle dénote
au contraire ou que plus tard ils contracteront mariage, ou bien qu'ils prendront femmes
plus âgées. Si, en outre, elle se trouve configurée avec Saturne, elle empêche entièrement
le mariage et laisse les hommes dans le célibat. Il faut ensuite voir en quel signe
elle se rencontre, parce que si elle se manifeste en un signe d'une seule figure,
ou si elle applique à une seule planète, elle désigne une seule femme. Mais si elle est
en signe bicorporel, ou composé de plusieurs figures, ou si, sans sortir d'un même signe,
elle est configurée à plusieurs planètes, alors elle en promet plusieurs. Si les planètes
qui sont jointes à la Lune par préférence, ou par aspect, ou témoignage, sont bénéfiques,
elles donnent d'honnêtes et bonnes femmes ; si maléfiques, de mauvaises. Saturne appliquant
à la Lune, les fait tristes et laborieuses ; Jupiter honnêtes, industrieuses, surtout
en ce qui concerne l'économie ; Mars les fait hardies et rebelles ; Vénus agréables,
douces et de bonne humeur ; Mercure prévoyantes et subtiles. En outre Vénus avec Jupiter,
ou Mercure, les fait propres pour assaisonner les viandes, et aimer leurs mari et enfants.
Avec Mars, fâcheuses, inconstantes, et sujettes à changer.
Quant aux femmes, il faut pour leur mariage considérer le Soleil. En effet étant
dans les angles orientaux, il signifie ou qu'elles seront mises en ménage fort jeunes
ou après qu'elles seront déjà fanées, mariées avec de jeunes gens. Dans les occidentaux,
ou qu'elles seront tard pourvues, ou après avoir passé la fleur de leur âge, qu'elles seront
mariées à des personnes âgées. Et s'il est en un signe d'une seule figure,
ou qu'il applique à une seule des planètes qui le précéderont en son lever au matin,
il signifie alors un seul mari. S'il est en un signe bicorporel, ou composé de plusieurs
figures, ou s'il est configuré avec plusieurs planètes qui le précèdent en son lever,
il promet pluralité de maris. Saturne joint au Soleil par quelques aspects, donne
des hommes modestes, utiles et soigneux ; Jupiter, honnêtes et magnanimes ; Mars, vaillants,
sans affection et sans pouvoir rien souffrir ; Vénus agréables et de bonne grâce ; Mercure,
soigneux de ce qui touche aux nécessités de la vie. Vénus avec Saturne, les rend paresseux
et lâches à la fréquentation de leurs femmes ; Vénus avec Mars, ardents, adonnés à l'action
vénérienne, adultères ; et Vénus avec Mercure leur fait ardemment aimer leurs enfants.
Nous entendons par quadrants orientaux dans le cas du Soleil, les signes qui précèdent
le signe ascendant du zodiaque, et ceux qui précèdent le signe couchant ; dans le cas
de la Lune, les signes qui vont de la nouvelle et pleine lune aux quartiers ;
et nous entendons par quadrants occidentaux les signes opposés à ceux-ci.
Or les mariages sont surtout de durée, quand dans les naissances de l'un et de l'autre,
les luminaires s'envoient mutuellement des rayons d'amitié, comme sont les trines
ou les sextils, et principalement lorsque de leurs lieux échangés, ils se reçoivent
mutuellement. Mais beaucoup mieux encore quand le lieu de la Lune du mari convient
de cette sorte avec le lieu du Soleil en la naissance de la femme. Et les mariages
se dénouent pour la moindre occasion et les esprits tant du mari que de la femme
se trouvent aliénés l'un de l'autre, quand les positions des luminaires, dont j'ai
ci-devant parlé, se rencontrent en signes inconjoints et étrangers, ou que les mêmes
se blessent de rayons opposés ou carrés. Mais si, les configurations des luminaires
s'accordant, sont semblablement en aspect avec les planètes bénéfiques, elles donneront
dans le mariage et conserveront sans interruption la douce familiarité de la vie, pleine
d'une mutuelle et perpétuelle bienveillance et qui sera profitable à l'un et à l'autre.
Au contraire, si elles sont en aspect avec des planètes maléfiques, elles sèmeront
des discordes et des querelles, et produiront une honteuse sorte de vie qui à l'un
et à l'autre sera nuisible et dommageable. Par une même raison, si les luminaires
étant placés en lieux qui ne conviennent point, qu'en quelque façon néanmoins, les planètes
bénéfiques s'accordent avec eux, elles ne rompent pas entièrement la société conjugale ;
mais elles apaisent les offenses, réconcilient les esprits, les mettent en l'affinité
première et protègent entre eux l'amour et la bienveillance mutuelle. Mais, si ce sont
des planètes maléfiques, elles rompent le mariage et le plus souvent avec quelque violence
ou déshonneur. Si Mercure seul leur est joint, il rend la tache de l'ignominie connue,
en remplit les oreilles et la bouche de chacun et fait tomber les mariés en procès
l'un contre l'autre. Et ce même, encore joint à Vénus, y dénote les crimes d'adultère
ou de poison.
Quant aux autres sortes de mariages il les faut tirer de Vénus, de Mars et de Saturne.
En effet ceux-là s'accordant avec les luminaires donnent des embrassements ordinaires
et légitimes ; et toujours en ceci on considérera quelle est la disposition de Vénus
et comme elle est affectée avec l'un ou l'autre. Jointe à Mars, elle promet la possession
d'une femme fort jeune, car les exaltations de l'un et de l'autre se trouvent mutuellement
dans leurs trigones ; jointe à Saturne, plus avancée en âge, parce que les maisons de l'un
et de l'autre tombent dans leurs mutuelles triplicités. C'est pourquoi cette même Vénus
avec Mars fait absolument les natures vénériennes ; avec lesquels si Mercure se rencontre,
il en découvrira les amours et les fera publier. Si des signes qui se voient
et qui appartiennent à l'un et l'autre, ils viennent à s'appliquer, par exemple,
au Capricorne et aux Poissons, ils désignent des unions illégitimes avec des sœurs
ou des proches parentes. Mais dans les naissances des hommes, si la Lune s'y trouve aussi,
ils auront affaire avec deux sœurs ou parentes ; et dans celles des femmes, si le Soleil
y a place, elles se mêleront avec deux frères ou proches parents. Dans ces amours, Vénus
jointe à Saturne, donne une vie tout à fait douce et constante. Si Mercure s'y joint,
il apporte en plus le profit.
Mais si Mars s'y mêle, la façon de vivre sera inconstante et sujette à plusieurs dommages
et injures, et ils mettront les amants aux mains l'un contre l'autre par jalousie
ou par ennui. Et si soit d'un heureux aspect, soit de signes, ou de lieux qui conviennent,
Vénus s'insinue avec eux, cet amour sera avec une personne de même âge. Si elle est
plus orientale que l'un et l'autre, elle la désigne de moindre âge , plus occidentale,
d'âge plus avancé.
Mais si Vénus et Saturne sont en signes communs à l'un et l'autre, c'est-à-dire
au Capricorne et à la Balance, ils signifient qu'on aura affaire avec personnes
de même sang. Si en cette position, ils tombent en l'Ascendant ou au Milieu du Ciel,
et que la Lune s'y aille joindre, ils désignent que les mâles auront affaire
avec leurs mères ou avec leurs tantes maternelles, ou avec leurs marâtres ; et aux femmes
qu'elles admettront en leur couche leur fils, leurs beaux-fils ou leurs gendres.
Si c'est le Soleil qui s'y mêle, et que les planètes sont occidentales, les mâles
par une incestueuse hantise, se pollueront avec leurs filles, belles-filles ou brus,
qui sont les femmes de leurs fils. Et les femmes seront menacées d'une pareille compagnie
de leurs pères, de leurs oncles paternels, ou de leurs parâtres. Mais si ces rencontres
et ces configurations des planètes ne se font pas en des signes qui aient affinité
et rapports, mais en des signes féminins, ils embrasseront ceux qui sont ainsi nés
de flammes amoureuses, immodérés et très déshonnêtes et les rendront enclins et prêts
à quelque accouplement que ce soit, sans faire de différence s'ils agissent
ou bien pâtissent. En certaines figures encore, ils ne laisseront pas de les rendre
étrangement impudiques et sales ; comme dans les parties antérieures et postérieures
du Bélier auprès des Petites Truies, dans les parties postérieures du Lion et en la face
du Capricorne. Mais en cette position, s'ils se trouvent dans les deux premiers angles,
celui d'Orient et le Milieu du Ciel, les crimes seront publiés par les discours de ceux
mêmes qui les auront commis. Placés en cette même façon dans les deux derniers angles,
à savoir dans celui d'Occident et du Bas de Ciel, ils feront impuissants ou eunuques ceux
qui sont ainsi nés, ou les rendront stériles, ou leur boucheront les conduits ; Mars
s'y rencontrant les amputera des parties propres à la génération ; et chez les femmes,
fera celles qu'on appelle Tribades.
Quant au désir et affectation naturelle que les hommes ont pour l'action vénérienne,
on le connaît par le moyen de Mars. Car séparé d'avec Vénus et d'avec Saturne, et aidé
du secours de Jupiter, il les fait honnêtes, ayant quelque retenue et contents du naturel
usage des choses de Vénus. Joint à Saturne seul, il les rend froids et paresseux
en l'amour. Mais si Vénus et Jupiter lui sont attachés par quelque aspect, cela les fait
à la vérité prompts et convoiteux des choses vénériennes, mais en telle sorte néanmoins
qu'ils se contiennent et se modèrent, et qu'ils se gardent de tomber dans l'infamie,
et d'être repris pour ce sujet. Avec Vénus seule — Jupiter et Saturne en étant
éloignés — il les fait naître lascifs, d'amoureuse complexion, ayant l'esprit attaché
en toutes occasions à accomplir leurs désirs. Et si l'une des deux planètes est vespérale
et l'autre matutinale, il les fait enclins, sans aucune différence, à l'amour masculin
et féminin ; mais sans être toutefois trop passionnés du désir de l'un et de l'autre.
Mais si l'une et l'autre sont vespérales, il les adonnera aux seules ardentes amours
des femmes. Et plus encore, si ces planètes sont ensemble conjointes en signes féminins,
ceux qui sont ainsi nés s'abandonneront vilainement aux autres. Si au contraire,
l'une et l'autre sont matutinales, ils seront embrasés de l'amour des mâles ; et si alors
ils sont ensemble en signes masculins, ils seront épris du même amour des mâles
de quelque âge que ce soit, sans aucune différence. Enfin, si Vénus est plus occidentale
que Mars, elle dénote qu'ils auront affaire avec des femmes de basse condition,
avec des servantes ou étrangères, ou si Mars est plus occidental qu'elle,
avec des maîtresses, avec des femmes mariées ou avec des dames de haute condition.
Pour les femmes il faut observer la condition de Vénus. En effet configurée avec Jupiter
et Mercure, elle les fait contentes d'un modéré et honnête usage des choses vénusiennes.
Jointe au seul Mercure, Jupiter étant absent, enclines véritablement à l'amour
et désireuses de l'accouplement mais toutefois honteuses et pour la plupart difficiles
à aborder et fuyant la turpitude. Conjointe ou configurée à Mars seul, elle les fait
étrangement impudiques et sujettes à l'amour ; mais plus lâches en l'action si Jupiter
y est présent. Mars étant caché des rayons du Soleil, fera qu'elles admettront en leur lit
des valets, des personnes de basse étoffe ou étrangères. Vénus, sous les mêmes rayons,
les fera concubines et tenir lieu de femmes à leurs maîtres, à des grands seigneurs,
enfin à des personnes d'une condition beaucoup plus relevée. Si les planètes sont
en lieux et signes féminins, elles seront propres et sujettes à pâtir seulement ;
si elles sont en masculin, à agir. Si Saturne lié aux planètes ainsi disposées, est encore
efféminé lui-même, il cause une sale paillardise ; s'il est oriental et masculin,
il y apporte la médisance et rend l'infamie signalée. Jupiter au contraire, modère
ces choses et les adoucit. Mercure les découvre, les rend publiques et connues.