Essai de reconstitution du texte par Papus
Le premier, en France, nous avons donné une traduction avec commentaire du Sepher
Jesirah ou livre kabbalistique de la création.
Cette traduction était basée sur les textes que nous possédions alors et qui étaient
incomplets.
Plus tard, M. Mayert-Lambert, professeur au séminaire israélite, a donné une nouvelle
traduction, établie d'après des manuscrits hébreux et arabes plus complets.
Mais un examen attentif des deux traductions permet de constater que toutes deux présentent
des lacunes et des répétitions.
C'est grâce à ces répétitions que nous avons pu approximativement reconstituer le texte
du Sepher Jesirah d'après les remarques suivantes :
Les auteurs anciens composaient les traités du genre de celui qui nous intéresse en faisant
d'abord un exposé résumé du sujet à développer ; puis en développant chacune des questions
spéciales d'après la même méthode.
Ainsi le Sepher Jesirah devait débuter par un résumé des sujets à traiter qui sont :
les Dix Numérations ou Sephiroth, les vingt-deux lettres et leur emploi par le Créateur
pour la constitution de l'Univers dans ses trois plans : l'Univers, l'Année, l'Homme.
Ensuite chaque sujet devait être traité en répétant d'abord l'exposé général, puis
en l'étendant à ses diverses adaptations. Enfin une série de répétitions nous ont conduit
à déterminer que chaque fin de chapitre ou de section se terminait par l'exposé
des combinaisons kabbalistiques des lettres ou des nombres deux à deux, trois à trois,
etc.
C'est ainsi que nous proposons le texte nouveau du Sepher Jesirah ainsi reconstitué :
1° Comme chapitre Ier, l'exposé général sur les Dix Numérations et les vingt-deux lettres
divisées en trois mères, sept doubles et douze simples.
2° Comme chapitre II, le développement concernant les Dix Sephiroth avec leurs combinaisons,
à la fin, d'après la permutation des lettres du tétragramme.
3° Comme chapitre III, un exposé général des vingt-deux lettres dans leurs grandes
divisions.
4° Le chapitre IV est consacré au développement détaillé des correspondances analogiques
des trois lettres mères et de la Trinité. Il se termine par un paragraphe
sur leurs combinaisons.
5° Le chapitre V étudie en détail les sept doubles et les correspondances du septénaire.
Il se termine également par une table des combinaisons : Deux lettres construisent
deux maisons, trois en bâtissent six, etc.
6° Le chapitre VI termine enfin les développements par l'exposé des correspondances
du duodénaire à propos des douze simples.
7° À partir de ce moment le développement cesse : nous sommes allés de l'unité
vers le maximum de multiplicité, nous nous arrêtons et nous revenons, par résumés
successifs, vers l'unité du point de départ.
Le chapitre VII se consacre tout entier à ce résumé progressif et nous le divisons en trois
paragraphes : 1° tableau des correspondances ; 2° dérivés des lettres ; 3° résumé général.
Ainsi constitué, le Sepher Jesirah forme un tout homogène partant d'un point et y revenant,
après avoir parcouru les échelons divers des correspondances du ternaire, du septénaire
et du duodénaire dans l'Univers, dans l'Année et dans l'Homme.
L'auteur ou les interpolateurs peuvent avoir établi certaines de ces correspondances
d'une manière originale. Ainsi les sept jours de la semaine se rapportent aux planètes
d'après l'ordre de celles-ci dans le ciel astrologique (Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil,
Vénus, Mercure, la Lune) et non d'après leur rapport exact tiré des lignes tirées entre
elles.
Ainsi, si l'on dispose autour d'un cercle les planètes dans leur ordre avec le Soleil
en haut, on remarquera que la correspondance donnée par le Sepher Jesirah, pour les jours
de la semaine, se contente de poser les jours en face des planètes en commençant
par le jour du Sabbat, le samedi, attribué à Saturne. Aussi le dimanche tombe-t-il
sur Jupiter, le lundi sur Mars, le mardi sur le Soleil, le mercredi sur Vénus, le jeudi
sur Mercure et le vendredi sur la Lune.
L'auteur devait connaître la véritable clef des correspondances des jours avec les planètes,
clef très simple et qui est obtenue, comme le montre la figure en tirant des lignes droites
entre les planètes de manière à former l'étoile à sept pointes. Mais il a voulu exercer
l'esprit de son lecteur pour justifier son expression si souvent répétée : Cherche, pense,
combine, imagine et rétablis la créature à la place assignée par le Créateur.
Que les lecteurs attentifs n'oublient pas non plus que le fondement du système : les trois
mères, A Me Sh, lues à la sanscrite se lisent SCHÉMA, Sh-eM-A, ce qui indique que,
là encore, le savant kabbaliste auteur du Sepher Jesirah, a posé le schéma et non
la réalité des correspondances exactes dont le mot Azoth donne seul la vraie clef,
ainsi que le démontre l'admirable archéomètre de Saint-Yves d'Alveydre. Muni
de ces quelques données primordiales, le lecteur peut maintenant aborder avec fruit
la lecture et surtout la méditation du Sepher Jesirah, résumé de la science vivante
des Patriarches.
